Lorsque l’armée de terre française traquait des groupes armés dans le désert du Sahara, elle n’a pas fait appel qu’à ses propres moyens : elle a sollicité les Breguet Atlantique de la marine. Ces gros bimoteurs à très long rayon d’action, conçus pour la patrouille maritime et la lutte anti-sous-marine, ont été mis à contribution pour des opérations terrestres. Laurent Henninger, invité du Cercle Aristote, y voit un exemple frappant des chevauchements croissants entre armées.

Selon lui, ces interpénétrations traduisent une réalité : la notion d’armée de l’air indépendante, née au XXe siècle, relève d’une « escroquerie » conceptuelle. Les marins ont accepté sans difficulté de faire travailler leurs équipages au profit des forces terrestres, preuve que les frontières institutionnelles figées ne correspondent plus aux besoins opérationnels.

L’analyste constate que ces porosités se multiplient : la marine américaine déploie la deuxième aviation mondiale en nombre d’appareils, l’US Air Force forme ses pilotes de bombardiers stratégiques à la guerre navale, et les avions de patrouille maritime français servent des missions continentales. Autant de microphénomènes qui, selon lui, démontrent l’absurdité d’organisations bâties autour d’un artefact unique plutôt que d’une conception géographique et politique de la défense.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « Fusion des armées de l’air et des marines » de Cercle Aristote

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