Contrairement à une idée reçue tenace, Ceuta et Melilla ne sont pas des reliquats de la colonisation européenne du XIXe siècle. Comme le rappelle l’essayiste Lionel Ballan, interrogé sur la chaîne OMERTA, ces deux enclaves espagnoles situées sur le sol africain sont européennes depuis le Moyen Âge, bien avant l’expansion coloniale moderne.
Cette précision historique est essentielle pour comprendre le contentieux qui oppose Madrid à Rabat. Le Maroc revendique en effet ces territoires en les présentant comme des héritages coloniaux qu’il conviendrait de restituer. Or, leur appartenance à l’Espagne s’inscrit dans une temporalité bien antérieure, ce qui fragilise juridiquement et historiquement la position marocaine.
Le statut particulier de ces villes, seules portions de l’Union européenne situées sur le continent africain, en fait des points de tension récurrents dans les relations bilatérales. Les incidents migratoires qui s’y produisent, comme récemment à Ceuta, sont souvent instrumentalisés dans un rapport de force diplomatique où le Maroc utilise ces enclaves comme levier de pression, notamment lorsque les relations entre Rabat et Madrid se dégradent.
Un rappel factuel qui recadre utilement le débat, loin des simplifications postcoloniales.
Vidéo « Migration et divergences politiques en Europe » de OMERTA
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