Cinq étoiles en cinq ans, et aucune mission de commandement opérationnel à son actif. Le parcours du général Thierry Mandon, actuel chef d’état-major des armées, soulève des interrogations croissantes dans les milieux militaires. L’invité du Cercle Aristote dresse un parallèle troublant avec l’amiral Darlan, figure emblématique des promotions politisées de la IIIe République, dont la carrière éclair reposait avant tout sur les réseaux familiaux et l’entregent ministériel plutôt que sur les compétences navales.

L’invité rappelle que Darlan, fils d’un proche de l’inamovible ministre de la Marine, incarne cette tradition française où l’armée paie régulièrement les erreurs et les trahisons des politiques. Le profil de Mandon, que l’invité décrit comme un officier au « charisme de beignet fourré » davantage connu pour ses talents mondains que pour son expérience du feu, interroge sur l’état réel de nos forces. Le fait qu’aucun aviateur doté d’un véritable CV militaire n’ait été trouvé pour occuper le poste, dans le cadre du roulement traditionnel entre les trois armées, constitue un signal alarmant.

Cette trajectoire sans commandement effectif, où l’ascension hiérarchique semble déconnectée des réalités opérationnelles, ranime le spectre des défaillances de 1940. L’invité y voit le symptôme d’une armée française encore contrainte d’expier les trahisons d’une classe politique prompte à désigner des responsables à sa place.

Didier Lallemand et le précédent des Gilets jaunes

Ce nom ne s’est pas imposé par hasard. L’avocat et militant Juan Branco rappelle que Didier Lallemand avait été nommé préfet de police de Paris pendant le mouvement des Gilets jaunes pour remplacer un préfet qui, selon lui, refusait d’appliquer des ordres qu’il jugeait illégaux. C’est cet homme que le gouvernement a choisi pour coordonner la préparation des services de l’État à un conflit armé.

« Ce chargé de mission est Didier Lallemand, le préfet de police de Paris sous les Gilets jaunes, qui avait été nommé à Paris pour remplacer le préfet qui refusait de tirer sur les Gilets jaunes. »

Juan Branco (Thinkerview)

Le choix du profil n’est donc pas seulement une question de compétence administrative : il donne une indication sur la philosophie de gestion des crises intérieures que le gouvernement entend appliquer dans un contexte de tension sociale croissante.

Branco situe cette nomination dans un faisceau plus large de signaux : le doublement du budget militaire allemand à 114 milliards d’euros annuels, la déclaration publique du commissaire européen aux transports appelant à uniformiser les rails pour permettre le transport de matériel militaire vers l’est, et l’absence totale de débat parlementaire ou populaire sur ces orientations. Le tout dessine, selon lui, une trajectoire vers un état de mobilisation dont les contours ne sont soumis à aucun contrôle démocratique identifiable.

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

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