L’indice de l’emploi publié par l’INSEE est tombé à son plus bas niveau depuis juin 2013, selon les chiffres évoqués par l’économiste Marc Touati dans un entretien pour la chaîne Omerta. À cette époque, le taux de chômage de catégorie A atteignait 10,4 % en France. L’invité anticipe un retour vers 9 %, ce qui représenterait, toutes catégories confondues, environ 20 % de la population active sans emploi. Une perspective qu’il qualifie de « catastrophe ».

Ce signal intervient alors que les faillites d’entreprises se généralisent : plus de 70 000 sur douze mois au mois d’avril, un niveau historique, avec une hausse particulièrement marquée parmi les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises. Marc Touati souligne que la récession en cours se traduira mécaniquement par de nouvelles destructions d’emplois dans les prochains mois.

Pour les ménages, la dégradation s’ajoute à une perte de pouvoir d’achat déjà réelle : l’alimentation a augmenté de plus de 25 % depuis 2021 et l’énergie de près de 60 %, sans hausse équivalente des salaires. L’inflation ralentit, mais les prix continuent d’augmenter plus vite que les revenus. « On arrive sur une période très très compliquée », prévient l’économiste, qui appelle à réduire la pression fiscale, les dépenses publiques et le coût du travail, notamment en France.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Un chômage de plancher : le coût d’une logique d’État

Ce plancher des 7 % n’est pas une fatalité statistique : c’est, selon l’économiste Charles Gave, le produit d’un choix politique répété. Chaque crise depuis les chocs pétroliers des années 1970 aurait suivi le même schéma : plutôt que d’alléger les charges sur le travail pour relancer l’emploi, les gouvernements successifs ont accru le poids de l’État dans l’économie, notamment en embauchant des fonctionnaires.

Le raisonnement est mécanique : taxer le travail, c’est le décourager. Gave le formule ainsi :

« Si je veux empêcher les gens de fumer, j’augmente les impôts sur le tabac. Si je veux les empêcher de travailler, j’augmente les impôts sur le travail. C’est ce qu’ils font depuis 50 ans. »

Charles Gave (Sud Radio)

Pendant ce temps, d’autres pays de l’OCDE ont connu des taux de chômage à 2 ou 3 %, en maintenant un coût du travail compétitif et en laissant les marges des entreprises se reconstituer. La France, elle, présente selon Gave la particularité d’être le seul pays de l’OCDE où la marge brute d’autofinancement des entreprises opérant sur le territoire national diminue de façon continue depuis cinquante ans, quand les autres affichent des niveaux stables ou en hausse.

La conséquence directe : les entrepreneurs arbitrent. Une usine dont la rentabilité serait deux fois moindre en France qu’en Espagne ou en Italie ne s’installe pas en France. Moins d’investissement productif, moins d’emplois créés, chômage maintenu structurellement haut, indépendamment du cycle économique.

Vidéo « État de l’économie française, analyse OMERTA » de OMERTA

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