Ophélie Roque, enseignante en lettres modernes et auteure de L’Antisèche d’une prof pour survivre à l’Éducation nationale, dresse un constat sans appel sur la situation des contractuels : « Vous vivez avec une épée de Damoclès tout le temps au-dessus de votre tête. » En dix ans de carrière, elle a traversé une quinzaine d’établissements et observé le sort réservé à ces enseignants recrutés sans concours, soumis au bon vouloir de leur hiérarchie.

Le renouvellement de leur contrat relève d’une logique discrétionnaire qui n’a rien à voir avec la qualité de leur enseignement. « J’ai vu des contractuels ultra méritants avoir le malheur d’être dégagés alors qu’ils étaient très bons, mais parce qu’ils ne correspondaient pas », témoigne-t-elle. Une méthode pédagogique jugée trop libre, une réponse maladroite à une suggestion, et le contrat n’est pas reconduit.

Cette précarité structurelle pousse les enseignants à l’autocensure : « L’éducation nationale semble vouloir plier les gens dans une forme de normalité un peu médiocre », analyse Ophélie Roque. Un mécanisme qui éclaire d’un jour nouveau la crise d’attractivité du métier. Comment recruter durablement quand les enseignants les plus investis sont traités comme des variables d’ajustement ?

Vidéo « Entretien sur les difficultés de l’éducation nationale » de Front Populaire

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