La restauration de Notre-Dame de Paris, après l’incendie du 15 avril 2019, a suscité de nombreuses controverses. Au-delà des débats architecturaux, une question juridique précise se pose : la France a-t-elle respecté la convention de Venise, ce traité international qu’elle a signé et ratifié, et qui encadre la restauration des monuments historiques ? François Asselineau, président de l’UPR, a livré une analyse détaillée sur ce point lors de son direct n°127.

Que prévoit la convention de Venise pour la restauration de Notre-Dame de Paris ?

La convention de Venise, traité international signé et ratifié par la France, impose aux États parties une règle simple : lorsqu’un bâtiment historique doit être restauré, la restauration doit se faire dans l’état d’origine. Selon François Asselineau, ce principe aurait été écarté sur plusieurs points à Notre-Dame. Les vitraux de Viollet-le-Duc, indemnes après l’incendie, ont néanmoins été retirés pour être remplacés. Ce choix soulève une question directe : la France a-t-elle violé ses engagements internationaux en matière patrimoniale ?

Un traité contraignant, des choix contestés

Le cadre juridique est clair. La convention de Venise, adoptée en 1964 sous l’égide de l’UNESCO, engage les États signataires à respecter des principes rigoureux en matière de conservation et de restauration du patrimoine. Pour François Asselineau, la France s’en est écartée dans le cas de Notre-Dame :

La convention de Venise fait obligation à tous les États prenant parties prenantes à ces traités, lorsqu’il y a une restauration à faire d’un bâtiment, de toujours restaurer dans l’état d’origine.

François Asselineau (UPR)

Le point le plus emblématique concerne les vitraux installés par Viollet-le-Duc au milieu du XIXe siècle. Ces verrières, qui avaient survécu à l’incendie sans dommage, ont pourtant été déposées sur décision de l’exécutif. François Asselineau ne s’arrête pas là : il évoque également la question de la structure en bois, des poutres datant de 1890, et suggère que l’enquête sur les causes de l’incendie n’aurait pas été menée à son terme. Sans reprendre ces thèses à son compte, Le Souv constate que le débat sur le respect des normes internationales reste ouvert.

Le débat sur la désacralisation du lieu

Au-delà de la stricte question des vitraux, François Asselineau élargit son propos à une tendance de fond : la transformation de Notre-Dame en un lieu « largement désacralisé ». Cette analyse, qu’il développe dans le direct, inclut des considérations sur les choix liturgiques et symboliques opérés depuis l’incendie. Il relie cette évolution à un contentieux plus large entre le Vatican et l’exécutif français, mentionnant notamment l’inscription de l’IVG dans la Constitution et la loi sur l’euthanasie active.

Ce ne sont pas des polémiques sans conséquence. Si la convention de Venise impose une restauration à l’état d’origine, elle vise à préserver non seulement la matière du monument, mais aussi sa destination et sa signification historique. Le débat sur Notre-Dame n’est donc pas qu’esthétique : il touche au sens même du patrimoine.

Une question d’intégrité patrimoniale

Ce que révèle cette controverse, c’est la tension entre deux approches de la restauration. D’un côté, une approche fidèle au droit international et à la tradition : restaurer, c’est restituer. De l’autre, une approche plus interventionniste, portée par l’exécutif, qui assume une part de réinterprétation. Pour François Asselineau, qui se dit favorable à l’inscription dans la Constitution du caractère de « tradition chrétienne » de la République, l’enjeu dépasse le simple cadre juridique :

La France et la fille aînée de l’Église. On ne peut pas comprendre la France si on omet que la France est un pays de tradition chrétienne.

François Asselineau (UPR)

Il pose ainsi la question de fond : un État peut-il revendiquer une fidélité à son patrimoine tout en modifiant unilatéralement le visage de son monument le plus emblématique ?

Ce qu’il faut retenir

La question du respect de la convention de Venise pour Notre-Dame reste juridiquement ouverte. Les choix opérés depuis 2019, notamment le remplacement de vitraux intacts, contreviennent à l’esprit de ce traité que la France a pourtant ratifié. Au-delà du cas parisien, c’est une conception de la restauration patrimoniale qui est en jeu.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « François Asselineau répond à des questions, session 127 » de UPR

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