Le premier ralliement d’ampleur au bloc central philippiste a eu lieu, et il porte la signature de Gérald Darmanin. Dans le Grand Entretien de la Rentrée 2026, l’analyste politique Pierre-Yves Rougeyron y voit moins une conviction qu’un calcul de survie : « Il est l’un des premiers. En théorie, ça t’ouvre des droits, mais tu restes soumis. »

Selon Rougeyron, l’ancien ministre de l’Intérieur aurait tenté pendant deux ans de peser dans le jeu des candidatures, sans succès. Édouard Philippe, pressé par son entourage de rassembler le centre droit avant l’échéance électorale, aurait lancé un ultimatum implicite : « Maintenant que vous avez tous donné vos doléances, il est grand temps de rentrer au bercail. » Darmanin, lui, a compris la mécanique. « Si tu arrives le premier, tu peux espérer quelque chose », résume l’analyste.

L’enjeu n’est pas seulement gouvernemental. Derrière le ralliement se jouent des placements à vie : postes ministériels, fonctions fantômes, voire entrée dans la haute fonction publique. « En 15 jours, ils les ont gagnés », rappelle Rougeyron, évoquant la logique des retraites dorées et des chauffeurs à vie. Pour Darmanin, dont la base électorale reste modeste, l’humiliation d’une allégeance précoce vaut mieux que le retour à Tourcoing sans perspective. Un calcul froid qui illustre, selon l’invité, la logique de cour qui structure le bloc central depuis des décennies.

Vidéo « Entretien sur la politique, la géopolitique et la société avec Pierre-Yves Rougeyron » de Cercle Aristote – Pierre Yves Rougeyron

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