Charles de Gaulle est arrivé deux fois au pouvoir suprême en France, en 1944 et en 1958, sans jamais avoir été élu par les Français. Un paradoxe méconnu que rappelle l’invité de cet entretien : le fondateur de la Ve République ne s’était tout simplement jamais présenté devant le suffrage universel avant 1965.
Cette année-là, fort de sa légitimité historique, il refuse d’abord de faire campagne. « Par orgueil personnel », suggère l’invité, il pense être élu sans effort. Résultat : 44 % des voix au premier tour, un score honorable mais une mise en ballottage inattendue qui le blesse profondément. Il hésitera même à démissionner avant d’accepter le second tour face à François Mitterrand.
L’épisode est politiquement instructif. Il montre qu’un homme ayant restauré l’État à deux reprises peut se méprendre sur les attentes démocratiques d’un peuple. De Gaulle mesurait mal, selon l’invité, ce que signifiait réellement solliciter la confiance populaire plutôt que l’incarner par l’histoire.
Cette mise en ballottage force le général à descendre dans l’arène médiatique. Il découvre alors les techniques venues d’outre-Atlantique : campagne télévisée à l’américaine, opérations de « teasing » orchestrées par L’Express, candidatures financées par des intérêts étrangers selon les allégations que rapporte l’invité. L’élection de 1965 marque ainsi l’irruption de méthodes de communication politique inédites qui, un demi-siècle plus tard, structurent encore la vie démocratique française.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
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