Charles de Gaulle est la figure tutélaire du souverainisme français contemporain. Refusant la défaite en juin 1940, il prononce depuis Londres l’appel du 18 juin et fonde la France libre, incarnation d’une légitimité nationale face à l’occupation.

Président du Gouvernement provisoire à la Libération, il restaure les institutions républicaines avant de quitter le pouvoir en 1946, en désaccord avec le retour des partis. Il revient en 1958 pour fonder la Ve République, dotée d’un exécutif fort et d’une Constitution faisant du suffrage universel le pilier de la souveraineté.

Sa politique étrangère porte une exigence d’indépendance nationale : sortie du commandement intégré de l’OTAN en 1966, reconnaissance de la Chine populaire en 1964, discours de Phnom Penh dénonçant la guerre du Vietnam, dotation de la France d’une force de frappe nucléaire autonome.

Sur l’Europe, il refuse toute supranationalité et défend une Europe des nations, fondée sur la coopération entre États souverains. Il s’oppose au plan Fouchet d’intégration politique et provoque la crise de la chaise vide en 1965 pour préserver le droit de veto français.

Battu au référendum d’avril 1969 sur la régionalisation et la réforme du Sénat, il quitte le pouvoir sans condition. Il meurt à Colombey-les-Deux-Églises le 9 novembre 1970. Son legs structure encore le débat souverainiste, à droite comme à gauche.

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