Un paradoxe budgétaire interpellant. La France, techniquement en paix, affiche un déficit public qui pourrait atteindre 5,5 à 6 % du PIB en 2026, contre 3,5 % pour la Russie, pays engagé dans un conflit armé de haute intensité. C’est le constat dressé par l’économiste Jacques Sapir, qui souligne une dérive des finances publiques bien au-delà des prévisions initiales. Le budget voté en février tablait encore sur 4,9 % de déficit, mais les derniers indicateurs suggèrent un dérapage significatif, nourri par le ralentissement de la consommation et, mécaniquement, des rentrées de TVA en berne.

Au-delà du chiffre brut, c’est le poids des intérêts de la dette dans le PIB qui inquiète. Après avoir bénéficié de taux historiquement bas sous l’impulsion de la BCE, la charge de la dette amorce une remontée progressive, qui pourrait devenir préoccupante dans les quatre à six prochaines années. « Ce n’est pas soutenable », prévient Sapir, qui replace cette situation dans un contexte économique plus large : une économie française « plus qu’à l’arrêt », confrontée à une désindustrialisation qui s’accélère malgré les efforts gouvernementaux. Un bilan qui, selon lui, interroge la gestion des finances publiques à l’heure où le prochain quinquennat héritera de marges de manœuvre particulièrement réduites.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

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