Le projet de loi sur l’euthanasie en discussion prévoit un délai de mise en œuvre de 48 heures avec un contrôle uniquement a posteriori, selon Nicole et Gérard Delépine, médecins engagés contre ce texte. Dans un entretien accordé au Cercle Aristote, ils détaillent les protections successivement écartées par le législateur.

Aucune obligation n’est faite au médecin d’informer la famille ou les proches du patient. La consultation d’un juriste, pourtant essentielle pour vérifier la liberté du consentement, n’est pas requise. Les majeurs sous tutelle, qui n’ont pas le droit de signer un chèque, pourraient légalement demander l’aide à mourir : le médecin devra informer le tuteur mais sans être tenu par son avis. La demande d’un amendement visant à exclure le don d’organes des personnes euthanasiées a également été repoussée, soulèvent les deux praticiens.

Nicole et Gérard Delépine rappellent que ces garde-fous, initialement discutés ou promis, ont tous sauté au fil des versions du texte. Ils comparent cette évolution à celle observée en Belgique et au Canada, où l’extension progressive des critères d’éligibilité a conduit à des dérives documentées. « Tous les interdits moraux ont très vite sauté », constatent-ils, évoquant une loi « sans aucun verrou ».

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

*D’après un entretien de Nicole Delépine Gérard Delépine sur Cercle Aristote – Pierre Yves Rougeyron

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