Alors que les regards sont braqués sur le conflit en cours, un danger bien plus insidieux se profile pour le continent européen. La fin des combats en Ukraine, lorsqu’elle surviendra, ne marquera pas le retour à la paix mais l’ouverture d’une séquence de décomposition post-étatique lourde de menaces. Bataillons incontrôlés, trafics d’armes, terrorisme domestique : les conséquences sécuritaires de l’après-guerre ukrainienne pourraient ensanglanter l’Europe pendant des années.

Pourquoi la démilitarisation de l’Ukraine représente-t-elle un risque majeur pour la sécurité européenne ?

La démilitarisation de l’Ukraine constituera un chantier colossal qui nécessitera l’envoi d’hommes sur place, un processus que l’invité qualifie sans détour de périlleux. Mais au-delà de l’opération militaire elle-même, c’est la dissolution du « croupion post-étatique » ukrainien qui fera émerger trois menaces entremêlées : l’utilisation d’un terrorisme domestique en Russie et au-delà, la mise en place de réseaux mafieux armés, et une insécurité chronique qui débordera largement des frontières ukrainiennes pour affecter durablement le continent.

Un pouvoir aux abois qui prépare sa survie

L’invité dresse un tableau sans concession de la stratégie actuelle du pouvoir ukrainien. Face à une situation militaire compromise, ce dernier aurait déjà basculé dans ce que les stratèges appellent des « tirs de dépit », ces frappes qui ne changent rien militairement mais relèvent de « la cruauté pour la cruauté ». Les attaques de drones contre des cibles civiles en Russie serviraient un double objectif politique : galvaniser le camp de la guerre à Kiev et à Berlin, et surtout permettre à monsieur Zelanski de négocier sa sortie personnelle.

« Monsieur Zelanski a besoin d’argent parce qu’il faudra qu’il sorte vivant de tout ceci. Ça, c’est pas gagné. »

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

L’invité anticipe une période trouble où les règlements de comptes se multiplieront entre « ce qui restera des bataillons, des gardes prétoriennes d’oligarques, des pères de famille qui voudront venger leurs fils morts pour rien ». Selon lui, Vladimir Poutine serait d’ailleurs « l’une des seules personnes qui veut Zelanski vivant », non par bienveillance mais parce que le président ukrainien, témoin gênant pour beaucoup, aurait des choses à dire.

La menace terroriste et mafieuse qui se profile

La décomposition annoncée de l’appareil étatique ukrainien ne produira pas uniquement des violences circonscrites à son territoire. L’invité affirme, sur la base d’échanges avec des spécialistes du renseignement intérieur qui « commencent à s’inquiéter lourdement », que l’utilisation du terrorisme domestique se mettra au service non pas uniquement de mouvements terroristes, « mais surtout de mouvements mafieux qui vont ensanglanter le continent pendant des années ».

Cette analyse prolonge des discussions antérieures avec Bernard Wich, spécialiste des questions de sécurité. Le constat est sans appel : la situation est en train de pourrir et la dissolution des structures de contrôle étatiques ukrainiennes créera un vide que les réseaux criminels, déjà bien implantés dans la région, s’empresseront de combler.

Un camp de la guerre qui pousse à l’escalade

L’invité met également en garde contre la radicalisation observable au sein même de l’appareil d’État russe. Un camp structuré réclamerait que l’on « enlève les gants », estimant que Vladimir Poutine a été « trop mou et trop conciliant » depuis le discours de Munich. Ces voix, incarnées notamment par des personnalités comme Karaganov, pousseraient à frapper directement Kiev et les soutiens européens.

« Une partie des Ukrainiens veut attirer la Russie politiquement dans un piège. Que ça se fasse contre sa propre population, l’indiffère profondément. On n’en est plus là. »

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

Le risque d’une escalade incontrôlée est d’autant plus préoccupant que certains acteurs, notamment en Allemagne, commencent selon l’invité à raisonner ouvertement sur l’hypothèse d’une guerre avec la Russie, sans en avoir les moyens et sans comprendre que « les Russes bluffent rarement dans la violence ».

Ce qu’il faut retenir

La démilitarisation de l’Ukraine ne sera pas une simple opération technique de désarmement. Elle s’inscrira dans une décomposition post-étatique aux ramifications criminelles et terroristes qui déborderont inévitablement sur le continent européen. Pour l’invité, il est grand temps que ce conflit s’arrête avant que ses conséquences ne deviennent véritablement incontrôlables, car les premiers vrais drames humains liés à cette déstabilisation pourraient survenir dès la fin de l’été.

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

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