« Vous vous rendez compte, tel héros français était misogyne, l’autre était homophobe. Est-ce que Jeanne d’Arc aurait apprécié les trans ? » L’ironie de Pierre-Yves Rougeyron, dans un entretien publié le 4 août 2025 sur la chaîne Cercle Aristote, cible une pratique devenue courante : disqualifier les figures historiques nationales en les jaugeant à l’aune des sensibilités contemporaines.

L’invité identifie là un mécanisme de dévalorisation du patrimoine mémoriel français. Il ne s’agit pas de nier que les normes sociales évoluent, mais de pointer l’absurdité méthodologique qui consiste à appliquer rétroactivement des catégories morales étrangères à une époque. Cette forme d’anachronisme militant transforme l’histoire en tribunal permanent où chaque grand personnage se voit sommé de répondre d’impensés qui n’étaient tout simplement pas les siens.

Pour autant, Pierre-Yves Rougeyron estime que cet angle d’attaque n’est pas le plus dangereux : « ceux qui tiennent cet angle-là, de toute façon, la nature fera qu’ils ne feront pas de petits. » La véritable menace réside ailleurs, dans les fractures mémorielles franco-françaises qui offrent à nos adversaires les munitions pour nous diviser. L’ouvrage de fond, soutient-il, consiste à apurer nos contentieux historiques internes, non à renoncer à notre histoire sous prétexte qu’elle ne ressemble pas à nos désirs présents.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

*D’après un entretien de Pierre-Yves Rougeyron sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

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