L’État français prévoit de consacrer environ 300 milliards d’euros aux éoliennes en mer. Ce chiffre, évoqué lors d’un entretien avec l’analyste financier Olivier Delamarche, soulève une question simple : cet investissement massif améliore-t-il réellement l’indépendance énergétique de la France, ou relève-t-il d’une dépense publique sans évaluation rigoureuse ?

Pourquoi s’interroger sur le coût et l’efficacité des éoliennes offshore en France ?

Le bilan coût-efficacité du programme éolien en mer français peut se résumer en plusieurs points :

  • Un montant colossal : 300 milliards d’euros de dépenses annoncées, sans que le rendement énergétique attendu justifie clairement cette somme.
  • Une efficacité contestée : selon Olivier Delamarche, cette technologie « ne marche pas » et « pollue », ce qui interroge sur la pertinence industrielle du choix.
  • Aucun gain d’indépendance : le programme ne réduit pas la dépendance française au gaz et au pétrole importés, qui restent indispensables au transport et à l’industrie.
  • Un circuit de dépense publique : l’investissement massif questionne sur les bénéficiaires réels de ces fonds.

Un investissement massif sans retour énergétique démontré

Olivier Delamarche, analyste financier spécialisé en macroéconomie, ne masque pas son scepticisme. Interrogé sur les priorités budgétaires de l’État, il pointe directement le programme éolien offshore :

« On vous dit on va dépenser encore 300 milliards je crois sur les éoliennes en mer, mais on sait que ça ne marche pas, on sait que ça pollue. Ça sert à quoi ? À dépenser 300 milliards ? »

Olivier Delamarche (OMERTA)

Ce jugement sévère s’inscrit dans une critique plus large de la gestion énergétique française. Pour l’analyste, la France s’est privée de ses fournisseurs historiques de matières premières, notamment la Russie, pour des raisons géopolitiques, sans proposer d’alternative industrielle crédible. Le diesel, qu’il décrit comme « le centre de l’économie », reste indispensable au transport de marchandises, or les camions électriques ne sont pas une réalité opérationnelle.

Une dépense qui ne répond pas à la question de l’indépendance

Le cœur du problème soulevé par Olivier Delamarche est celui de l’adéquation entre la dépense engagée et l’objectif poursuivi. Si l’argument officiel des éoliennes offshore est de renforcer la production électrique nationale, cela ne répond pas à la dépendance française au gaz et au pétrole, qui continuent d’être importés, parfois via des contournements coûteux comme l’Inde.

L’analyste rappelle que la France continue d’acheter du gaz et du pétrole russes, mais « en le payant deux fois plus cher » après un détour par des intermédiaires. Dans ce contexte, investir 300 milliards dans une technologie dont le rendement est contesté sans traiter la question des approvisionnements en hydrocarbures apparaît comme une fuite en avant budgétaire.

Les conséquences sur l’économie réelle

Pour Olivier Delamarche, cette logique de dépense publique s’inscrit dans un système qui n’évalue plus la rentabilité des investissements. Il met en parallèle la situation française avec celle d’autres pays, notamment les États-Unis, où les entreprises technologiques créent de la croissance, tandis que l’Europe se contente de réglementations et de projets dont l’efficacité n’est pas démontrée.

Cette critique rejoint son constat plus général sur la désindustrialisation française : aucun industriel n’a intérêt à s’installer en France quand l’énergie y coûte plusieurs fois plus cher qu’ailleurs, quand les charges sociales et fiscales sont plus élevées, et quand les normes européennes entravent l’activité. Le programme éolien offshore, loin de corriger ce déséquilibre, l’aggrave en mobilisant des fonds publics qui auraient pu servir à réduire le coût de l’énergie pour les entreprises.

Une obligation européenne imposée à un pays déjà en excédent

Ce paradoxe dépasse le seul débat sur les coûts de construction. La France se trouve dans une situation singulière : elle produit une électricité nucléaire décarbonée, abondante, et déjà excédentaire. Or une directive européenne lui impose d’atteindre 42,5 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030. Résultat : le gouvernement est contraint, par la programmation pluriannuelle de l’énergie, de tripler le nombre d’éoliennes et de panneaux solaires sur le territoire.

Lors des assises souverainistes organisées en 2026, l’économiste Philippe Murer a chiffré l’addition :

« 250 milliards d’euros d’investissement pour une électricité qui sera invendable et inexportable et inutile. On est en surplus. »

Vidéo de Les Patriotes

Le mécanisme est mécanique : lorsque la production solaire et éolienne est maximale, le prix de marché de l’électricité tombe à zéro, rendant ces capacités supplémentaires économiquement stériles. La facture de cet investissement contraint repose néanmoins sur les ménages et les entreprises françaises, via les taxes et les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables intégrés dans les tarifs.

L’enjeu n’est donc pas seulement industriel ou paysager. C’est la structure même du système électrique français, bâtie sur une logique de production pilotable et bon marché, qui se trouve réorientée non par un choix national délibéré, mais par une norme européenne à laquelle les États membres ne peuvent déroger sans s’exposer à des sanctions financières.

Ce qu’il faut retenir

Les 300 milliards d’euros prévus pour les éoliennes en mer représentent un engagement budgétaire considérable dont le rendement énergétique reste à démontrer. Pour Olivier Delamarche, cet investissement ne répond ni à la question de l’indépendance énergétique française, ni à celle de la compétitivité industrielle, et s’apparente à un circuit de dépense sans évaluation rigoureuse des résultats.

Vidéo « Analyse de la dette, fiscalité et crises en France » de OMERTA

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