La question de la sortie de l’Union européenne ne se résume pas à un slogan. Elle pose d’abord un problème de méthode : comment un État membre peut-il juridiquement recouvrer sa pleine souveraineté ? Le débat français sur le Frexit achoppe précisément sur ce point, entre activation de l’article 50 du traité sur l’Union européenne et tentation d’une décision unilatérale. François Asselineau, président de l’UPR et candidat déclaré à l’élection présidentielle, a développé sa position lors d’un direct consacré aux questions de ses soutiens.

Frexit : pourquoi l’article 50 est-il présenté comme la voie juridique incontournable ?

Pour François Asselineau, la sortie de l’Union européenne passe par l’article 50, et cette position repose sur plusieurs arguments :

  • L’article 50 est le seul mécanisme juridique prévu par les traités pour qu’un État membre quitte l’Union européenne.
  • Il impose un cadre de négociation de deux ans avec les autres États membres, ce qui oblige à traiter les questions concrètes de la séparation.
  • Les autres États sont juridiquement tenus de respecter cette procédure, ce qui évite une « foire d’empoigne généralisée ».
  • Le précédent britannique montre que le délai peut être prolongé si aucun accord n’est trouvé au terme des deux années initiales.

Selon lui, écarter l’article 50 au profit d’une décision unilatérale relèverait de l’improvisation : « Il faut vraiment n’avoir aucune connaissance des dossiers pour imaginer qu’on va sortir comme ça. »

L’article 50 : un divorce à régler, pas une simple déclaration

François Asselineau file une métaphore domestique pour rendre la procédure intelligible. Sortir de l’Union européenne, explique-t-il, c’est comme un divorce : on ne se contente pas de claquer la porte. Il faut déterminer qui garde l’appartement, qui récupère les meubles, comment s’organise la garde des enfants et quelle pension alimentaire sera versée. En matière européenne, cela signifie trancher la contribution financière, les engagements passés, les droits des citoyens, les flux commerciaux ou encore les programmes communs.

« On ne va pas faire ça comme un divorce ? Il y a quand même des problèmes à régler : à qui appartient l’appartement, à qui appartiennent les meubles, la chaîne hi-fi, la télévision, les enfants. »

François Asselineau (UPR)

Cette analogie vise à disqualifier les approches qui, selon lui, promettent une sortie sans négociation. L’article 50 impose précisément cette négociation. Il fixe un cadre de deux ans, renouvelable en pratique, pendant lequel l’État sortant et l’Union européenne doivent organiser juridiquement la séparation. Le Royaume-Uni en a fait l’expérience depuis 2017, avec des prolongations successives.

Ce que le Frexit implique concrètement en matière budgétaire

Au-delà de la procédure, François Asselineau insiste sur la portée matérielle d’une sortie de l’Union européenne. La France verse chaque année à l’Union européenne des sommes qu’il qualifie de « monumentales », de l’ordre de trente milliards d’euros, dont environ dix-huit reviennent sous forme de subventions. Le solde net, environ douze milliards d’euros, est perdu pour le budget national.

Sortir par l’article 50 mettrait un terme à ce mécanisme : plus de contribution au budget communautaire, plus de versements conditionnés aux priorités définies par Bruxelles, plus d’obligation d’afficher les drapeaux européens sur les projets financés. La comparaison avec le Royaume-Uni est là encore utilisée : les Britanniques ont cessé de contribuer au budget européen après leur sortie.

L’article 50 face aux critiques : réponse à ceux qui prônent l’unilatéralisme

Dans le débat souverainiste français, l’article 50 fait l’objet de critiques. Certains, comme Philippe de Villiers, ont avancé l’idée qu’une sortie pourrait passer par des refus ciblés : refus d’appliquer certains accords de libre-échange, refus du pacte migratoire, refus de certaines obligations énergétiques ou environnementales. François Asselineau récuse cette approche. Pour lui, ces refus ne constituent pas une sortie de l’Union européenne : ce sont des modalités ponctuelles de contestation, pas une rupture juridique.

Il reproche à cette position de se présenter comme un Frexit alors qu’elle n’en est pas un. La sortie véritable, dit-il, passe par la dénonciation des traités et la récupération de la pleine maîtrise des mouvements de capitaux, de la politique commerciale et de la politique budgétaire. Or, seule l’activation de l’article 50 permet d’engager cette rupture dans un cadre reconnu par les autres États membres.

Ce qu’il faut retenir

Le choix de l’article 50 n’est pas un détail technique : il engage la crédibilité juridique du projet de sortie. Pour François Asselineau, toute autre méthode risque de se heurter au droit et de fragiliser la position française, alors même que l’objectif est de restaurer la souveraineté nationale. Le débat entre procédure formelle et décision unilatérale structure donc durablement le camp souverainiste, et mérite d’être tranché avant toute échéance électorale.

Vidéo « François Asselineau répond à des questions, session 127 » de UPR

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