Le dernier sommet du G7 à Évian a pris des allures de « bal des vampires », selon les termes cinglants de l’invité. Un rassemblement de dirigeants en sursis, dont la légitimité vacille sur la scène internationale comme dans leurs propres opinions publiques.

Friedrich Merz, en Allemagne, « en a pour quelques mois ». Keir Starmer, au Royaume-Uni, « en a pour quelques semaines ». Emmanuel Macron, qualifié sans ménagement de « mort vivant », survit politiquement dans un pays dont « une partie de la population résiste ». Giorgia Meloni, « aux trois quarts morte », hypothèque l’avenir de l’Italie en s’accrochant à des promesses intenables sous la pression de Bruxelles.

Le Premier ministre canadien n’échappe pas à l’ironie mordante de l’analyste, qui raille sa déclaration sur la reconstruction d’un « ordre international à partir de l’Europe » : « C’est quand même le mec qui a l’idée, quand il va voir Mémé à l’hospice, d’en refaire Fort Alamo autour du bâtiment. »

Pour l’invité, ce format diplomatique est obsolète : « Ce monde-là est mort. » Tenir une réunion internationale sans l’Asie relève de l’« anormal », voire de l’incantation stérile. « On caresse la lampe des droits de l’homme en espérant que le génie va sortir », ironise-t-il, appelant à reconnaître que le monde a changé et qu’il faut désormais « jouer dans les règles de ce nouveau monde ». Un constat sans appel, à mille lieues des communiqués diplomatiques officiels.

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

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