Giorgia Meloni, née le 15 janvier 1977 à Rome, est Présidente du Conseil des ministres d'Italie depuis octobre 2022, à la tête d'une coalition de droite réunissant Fratelli d'Italia, la Lega et Forza Italia. Militante dès le lycée au sein du Fronte della Gioventù, filiation post-Alleanza Nazionale du courant national-conservateur italien, elle devient ministre de la Jeunesse dans le gouvernement Berlusconi entre 2008 et 2011, puis fonde Fratelli d'Italia en 2012 et en construit patiemment la remontée électorale sur dix ans.
Son positionnement politique se structure autour d'une défense affirmée des prérogatives nationales, de la souveraineté aux frontières, du contrôle de l'immigration et d'une conception de l'identité culturelle comme fondement de la cohésion politique. Dans son ouvrage Io sono Giorgia, publié en 2021, elle expose une vision où la nation reste le cadre légitime de l'action publique et de la loyauté politique. Ce positionnement tranche avec les orientations fédéralistes ou post-nationales qui ont longtemps dominé les classes dirigeantes italiennes et européennes.
Son rapport à la souveraineté est pourtant le paradoxe qui justifie son classement parmi les adversaires. Dans les faits, la gouvernance Meloni maintient intégralement l'ancrage de l'Italie dans l'Union européenne, l'euro, l'OTAN et le camp de soutien massif à l'Ukraine, avec un alignement plus prononcé que celui du gouvernement Draghi qui l'avait précédée. La coalition n'a renégocié ni les traités européens, ni le pacte de stabilité, ni l'appartenance à l'espace Schengen.
Pour un lecteur souverainiste français, Meloni offre un cas d'école utile : la parole nationale peut cohabiter durablement avec des actes conformes au cadre européiste et atlantique, sans que la contradiction ne débouche sur une crise interne du mouvement. C'est ce modèle que le Rassemblement National de Jordan Bardella semble avoir choisi d'importer en France, avec le même effet d'assouplissement du programme historique en échange d'un accès au pouvoir gouvernemental. La souveraineté affichée cesse alors d'être un projet opérant pour devenir un registre discursif.
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