Giorgia Meloni, nee le 15 janvier 1977 a Rome, preside le Conseil des ministres d'Italie depuis octobre 2022, a la tete d'une coalition de droite conservatrice reunissant Fratelli d'Italia, la Lega et Forza Italia. Militante des le lycee au sein du Fronte della Gioventu, filiation post-Alleanza Nazionale du courant national-conservateur italien, elle devient ministre de la Jeunesse dans le gouvernement Berlusconi en 2008, puis fonde Fratelli d'Italia en 2012 et en construit patiemment la remontee electorale sur dix ans.
Son rapport a la souverainete est le paradoxe qui justifie son classement dans les adversaires. Le discours politique porte sur la nation italienne, la defense de l'identite culturelle, la protection des frontieres, le patriotisme economique. Dans les faits, la gouvernance Meloni maintient integralement l'ancrage de l'Italie dans l'Union europeenne, l'euro, l'OTAN et le camp de soutien massif a l'Ukraine, avec un alignement plus prononce que celui du gouvernement Draghi qui l'avait precedee. La coalition n'a renegocie ni les traites europeens, ni le pacte de stabilite, ni l'appartenance a l'espace Schengen.
Pour un lecteur souverainiste francais, Meloni offre un cas d'ecole utile : la parole nationale peut cohabiter durablement avec des actes conformes au cadre europeiste et atlantique, sans que la contradiction ne debouche sur une crise interne du mouvement. C'est ce modele que le Rassemblement National de Bardella semble avoir choisi d'importer en France, avec le meme effet d'assouplissement du programme historique en echange d'un acces au pouvoir gouvernemental. La souverainete affichee cesse alors d'etre un projet operant pour devenir un registre discursif.
Cette biographie vous a-t-elle été utile ?
Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)
Merci, c’est noté.
