Certains pays européens affichent des importations de GNL en provenance de Chine. Une catégorie qui, selon Michel Fayad, professionnel de l’énergie et éditorialiste international, n’existe tout simplement pas. « Il n’y a pas de GNL chinois », assène-t-il. La Chine ne produit pas de gaz naturel liquéfié : elle en importe massivement, notamment de Russie.
D’après son analyse, les cargaisons déclarées comme chinoises par des acheteurs européens seraient en réalité du GNL russe dont les documents ont été modifiés par des intermédiaires avant revente. Une opération de réétiquetage qui permet de contourner les sanctions sans assumer publiquement la contradiction.
Cette pratique s’inscrit dans un schéma déjà observé pour les produits pétroliers : l’Europe achète du diesel raffiné en Inde à partir de brut russe, tout en maintenant un discours officiel de rupture avec Moscou. Pour Michel Fayad, cette hypocrisie est d’autant plus frappante qu’elle fragilise la cohérence économique du continent : le GNL russe demeure le moins cher du marché, et en priver l’Europe tout en l’achetant déguisé revient à payer plus pour la même molécule.
Une situation intenable à terme, selon lui, alors que la fermeture du détroit d’Ormuz prive déjà le marché d’une part significative du GNL qatari.
Vidéo « Détroit d’Ormuz et prix des carburants, analyse énergétique » de Front Populaire
Cet article vous a-t-il été utile ?
Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)
Merci, c’est noté.
