La guerre froide n’a jamais été une paix, mais elle n’a jamais basculé dans l’affrontement direct. Jacques Sapir rappelle la formule de Raymond Aron : « guerre impossible, paix improbable ». Un oxymore qui décrit un demi-siècle de mobilisation totale sans véritable épreuve du feu entre les deux grands.
Selon l’économiste, cet état de tension permanente a permis aux États-Unis de verrouiller leur leadership occidental sans jamais avoir à le défendre militairement contre l’Union soviétique. Le conflit se jouait « dans toutes les têtes », rendant le chef du camp occidental « évidemment intouchable tant que le conflit est dans toutes les têtes ». Une mécanique de domination par la psychologie collective.
Ce château de cartes s’effondre en 1991, quand Moscou fait « tapis » et renonce à la partie. Depuis, l’absence de rival structurant plonge les Occidentaux dans une incapacité à penser les relations internationales autrement que par le prisme moral. Une approche que Sapir juge héritée de l’idéalisme wilsonien de 1919, celui-là même qui, selon lui, porte une part de responsabilité dans la Seconde Guerre mondiale.
Voir aussi notre dossier complet sur le réalisme géopolitique.
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Vidéo « Débat sur le réalisme géopolitique avec Sapir et Rougeyron » de Front Populaire
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