L’Islande vient d’administrer une leçon de réalisme aux thuriféraires de la construction européenne. Ce petit pays de 394 000 habitants, cinquième PIB par habitant mondial et troisième indice de développement humain selon le Programme des Nations unies pour le développement, a opposé une fin de non-recevoir à toute relance des négociations d’adhésion à l’Union européenne. Fait marquant : 60 % des moins de 25 ans ont voté contre. De quoi interroger le récit selon lequel l’UE représenterait l’horizon naturel des jeunes générations.
Qu’est-ce que le référendum islandais sur l’Union européenne a donné précisément ?
À Reykjavik, la question ne portait même pas sur une adhésion immédiate. Il s’agissait uniquement de rouvrir des négociations déjà clôturées. Les Islandais ont répondu non, définitivement. Ce refus vaut enterrement du dossier européen. Le vote des jeunes est sans ambiguïté : 60 % des moins de 25 ans ont rejeté la reprise des discussions. Seules les personnes âgées restent majoritairement favorables à la construction européenne. Cette fracture générationnelle inverse complètement le discours habituel sur l’Europe de la jeunesse.
Un pays prospère qui a fait ses comptes
François Asselineau, dans l’entretien que nous analysons, l’affirme sans détour : « Les Islandais en ont fait leur compte. » Le calcul est simple. L’Islande figure parmi les trois pays les plus heureux du monde selon l’indice composite calculé par le PNUD, aux côtés de la Suisse et de la Norvège. Des petits pays, plus riches que la France, qui se portent très bien hors de l’Union européenne.
S’ils entraient dans l’Union européenne, ils seraient contributeurs nets, et pas de peu. C’était quelque chose comme 380 euros par tête de pipe. Tout ça pour voir madame von der Leyen débouler et commencer à leur imposer des migrants, à leur piquer leur quota de pêche, à venir racler les fonds.
François Asselineau (UPR)
Le raisonnement islandais mêle donc un refus de payer pour un projet qu’ils jugent défavorable et la crainte de perdre le contrôle de leurs ressources naturelles. La pêche, pilier économique du pays, figure au premier rang des inquiétudes.
Le parallèle avec l’URSS finissante
L’invité développe une comparaison audacieuse. Il voit dans la situation actuelle de l’Union européenne une réplique de l’Union soviétique des années 1970 et 1980 : une machine qui ne fonctionne plus, minée par la bureaucratie, le mensonge officiel, la débandade générale. À l’époque, Moscou expliquait aux masses que le camp socialiste s’élargissait. En réalité, les nouveaux entrants ne cherchaient qu’une chose : de l’argent.
C’est exactement la même chose. Les pays de l’Est, ils entrent dans l’Union européenne pour avoir de l’argent.
François Asselineau (UPR)
L’Islande, elle, n’a pas besoin d’argent. Elle a le luxe de pouvoir dire non. Un luxe que n’ont pas les pays dépendants des subventions européennes, contraints d’accepter des conditions qu’ils n’ont pas choisies.
Une mauvaise nouvelle pour l’Europe
Ce refus islandais s’inscrit dans une séquence plus large. François Asselineau rappelle l’épisode des migrants arrivés en Espagne, une opération au cours de laquelle les Espagnols soupçonnent des manipulations extérieures. Il mentionne également la montée en Allemagne d’un parti désormais officiellement favorable à la sortie de l’Allemagne de l’Union européenne. Autant de signaux qui, selon lui, annoncent une remise en cause plus large du modèle européen.
L’Islande agit ici comme un révélateur. Le fait qu’un pays prospère, stable et heureux choisisse délibérément de rester hors de l’UE alimente le débat français sur le coût-bénéfice de l’appartenance. Pour un souverainiste, la démonstration est limpide : la prospérité ne dépend pas de l’intégration européenne. Elle peut même en être préservée.
Ce qu’il faut retenir
L’Islande a choisi la souveraineté, portée par sa jeunesse. Ce vote interroge frontalement le narratif européiste qui associe adhésion à l’UE et avenir pour les jeunes générations. Il montre qu’un peuple informé et prospère peut rejeter l’intégration européenne, non par repli, mais par lucidité sur ses intérêts. Une leçon que la France, à l’heure où la question de la sortie de l’UE s’invite dans le débat public, aurait tort d’ignorer.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
Vidéo « François Asselineau répond à des questions, direct UPR » de UPR
Pour aller plus loin
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