Décédé le 18 août à 72 ans, Jean-Louis Brunaux comptait parmi les spécialistes français les plus reconnus de la civilisation celte et gauloise. Archéologue, il a consacré l’essentiel de sa carrière à faire connaître cette part décisive du passé préromain de la France, à travers des ouvrages consacrés aux druides et aux sanctuaires gaulois.
Interrogé au cours d’un grand entretien de rentrée, Pierre-Yves Rougeyron a tenu à saluer « un homme qui a fait tellement de bien pour la vulgarisation des travaux sur les Gaulois ». Il rappelle que certains jeunes chercheurs lui reprochaient ses réserves sur l’hypothèse indo-européenne. « Et alors ? Ce qui compte dans une recherche, ce sont les résultats », balaye l’essayiste, pour qui l’essentiel demeure la transmission.
C’est précisément sur ce point que l’héritage de Jean-Louis Brunaux mérite l’attention. Là où l’excellence académique se concentre parfois sur le détail, l’archéologue a su rendre accessible au grand public cultivé un pan entier de l’histoire nationale. Ses travaux sur les druides, en particulier, ont durablement marqué la compréhension commune de la Gaule.
À l’heure où le débat public s’interroge sur la place de l’histoire dans la formation de l’identité française, la mémoire de cet « éleveur de poussière » devenu passeur dépasse le seul cercle universitaire.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
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