Le 13 février 1960, la France entre dans le cercle très fermé des puissances nucléaires. Dans le Sahara, l’opération Jerboise Bleu aboutit à la première explosion atomique française, fondement de la future force de frappe. Pourtant, un nom reste singulièrement absent des récits officiels : celui du général Charles Ailleret.
Éric Branca, invité de Tocsin+, rappelle que ce polytechnicien, spécialiste de l’atome, commandait alors les armes spéciales. C’est lui qui a supervisé l’opération et, entouré de l’état-major du Commissariat à l’énergie atomique, a appuyé sur le bouton du déclenchement. Un geste fondateur pour l’indépendance stratégique voulue par le général de Gaulle.
L’effacement mémoriel de cet homme interroge. Devenu chef d’état-major des armées en 1962, Ailleret fut l’artisan de la doctrine de dissuasion « tous azimuts » et le superviseur du retrait français du commandement intégré de l’OTAN. Il mourut en mars 1968 dans le crash de son avion à La Réunion, dans des conditions jamais éclaircies.
Pour Branca, cette discrétion n’a rien d’anodin : effacer Ailleret, c’est minimiser le rôle de ceux qui ont bâti l’autonomie militaire française face aux pressions atlantistes. Le nucléaire français ne doit pourtant rien au hasard, mais beaucoup à cet homme aujourd’hui méconnu.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
Vidéo « Mort d’Éric Branca et indépendance nucléaire française » de Tocsin+
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