Le 14 juillet approche, et avec lui les discussions sur ce que cette date représente vraiment pour les Français. Fête républicaine par son origine, la célébration a progressivement dépassé ce cadre institutionnel pour devenir autre chose. Une analyse qui mérite qu’on s’y arrête, tant elle éclaire le rapport des Français à leur histoire et à leur identité commune.

Qu’est-ce que le 14 juillet célèbre vraiment : la République ou la nation française ?

Le 14 juillet célèbre avant tout la nation française dans sa continuité historique. Si la date a été instituée en 1880 comme fête nationale et cérémonie militaire sous la IIIe République, elle est devenue au fil du temps la fête de la nation tout entière. Comme le rappelle le général Henri Roure, ancien officier des troupes de marine et docteur en sciences politiques, « c’est la fête de la nation, du peuple français » et non celle d’un régime politique particulier. Il y voit même « une dimension sacrée » que le milieu politique tend à oublier : « Ça n’est pas la République, c’est la France qui est célébrée. Tous les Français. »

Une institution républicaine devenue fête de la nation

L’origine du 14 juillet comme célébration nationale remonte à 1880, sous la IIIe République. La jeune République cherche alors à ancrer son régime dans une tradition et une mémoire communes. Le choix de cette date fait référence à la prise de la Bastille en 1789, symbole de la fin de l’absolutisme monarchique, et à la fête de la Fédération de 1790, moment d’unité nationale autour du roi et de la nation.

Mais, comme le souligne Henri Roure lors de cet entretien, le sens de cette journée a progressivement évolué. Progressivement, la célébration s’est détachée de son seul ancrage républicain pour embrasser l’ensemble de l’histoire de France. « On parle de la République, mais c’est toute l’histoire de France qui est concentrée finalement dans cette célébration », précise l’ancien saint-cyrien.

Cette distinction n’est pas anodine. Elle permet de comprendre pourquoi les Français restent attachés à ce rendez-vous annuel au-delà des clivages politiques. Le défilé militaire, les bals populaires, les feux d’artifice : tous ces rituels parlent moins du régime républicain que de l’appartenance à une communauté nationale qui traverse les siècles.

Un symbole qui dépasse les frontières françaises

L’attachement au 14 juillet ne se limite d’ailleurs pas à l’Hexagone. Henri Roure, qui voyage régulièrement en Afrique et dans le monde, témoigne d’un phénomène souvent méconnu :

« Dans le monde entier, je peux vous garantir que tout le monde sait ce qui est le 14 juillet. Beaucoup d’étrangers partagent notre attachement à cette date. Le 14 juillet n’est pas seulement la fête des Français, elle est aussi la fête de tous ceux qui aiment la France. »

Henri Roure (OMERTA)

Cette réalité contraste avec le discours d’une partie de la classe politique française qui, selon l’officier général, « fait tout pour dénigrer le sentiment national. » Alors même que des millions de personnes à travers le monde continuent de célébrer cette date comme un symbole de la France éternelle.

L’armée, incarnation visible de l’unité nationale

Le défilé militaire reste le cœur battant de cette célébration. Pour Henri Roure, cet aspect revêt une importance particulière en ce qu’il permet aux Français de renouer avec leurs armées. « Pendant des années, on a sacrifié les armées. C’était les dividendes de la paix de monsieur Fabius », rappelle-t-il, avant de se réjouir du réarmement en cours.

Les Français, observe-t-il, sont attachés à leur armée indépendamment des manœuvres géopolitiques qui peuvent entourer le défilé. « La plupart des Français s’en fichent de l’aspect géopolitique. Ce qu’ils vont voir, c’est une belle armée, un beau défilé et ils seront ravis d’applaudir. » Parmi les jeunes générations, il note même un attachement croissant « à la tradition, aux usages et aux références de leur histoire. »

Cette soif de continuité historique et de fierté nationale n’est pas anecdotique. Elle montre que le 14 juillet remplit une fonction qui dépasse le simple cadre commémoratif : celle de rassembler les Français autour de ce qui les unit, par-delà les fractures du temps présent.

Ce qu’il faut retenir

Le 14 juillet n’est pas la propriété d’un régime politique, fût-il républicain. Il est devenu, au fil des décennies, la fête de la nation française dans ce qu’elle a de plus large : son histoire, son armée, ses traditions. Ce glissement de sens explique la persistance de l’attachement populaire à cette date, en France comme à l’étranger. Une leçon d’unité nationale que les contemporains gagneraient à méditer.


Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « Analyse du discours du 14 juillet » de OMERTA

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