Un genre inédit gagne du terrain sur TikTok : la « littérature halal ». Omar Youssef Souleimane, écrivain et journaliste, décrit un phénomène qui, selon lui, n’a aucun précédent dans l’histoire arabo-musulmane, où la littérature était au contraire « tellement sensuelle ». Ces contenus romanesques, purgés de toute sensualité au nom d’une pureté islamique fantasmée, ciblent directement les adolescents français.

L’auteur des Héritiers de la haine y voit un vecteur discret d’islamisation culturelle. « Ils inventent un islam inspiré d’une partie de l’islam, c’est-à-dire la partie la plus radicale, pour manipuler ces jeunes », affirme-t-il. Le procédé s’appuie sur des prédicateurs maîtrisant parfaitement le français, diffusant un discours identitaire sur les réseaux sociaux, parfois même via des avatars numériques qui échappent aux contrôles.

Pour Souleimane, ce phénomène s’inscrit dans une stratégie plus large, comparable selon lui à celle des Frères musulmans en Syrie : transformer la société par capillarité culturelle plutôt que par la confrontation directe. Face à cela, il plaide pour un retour à l’esprit critique, citant le philosophe syrien Abou Ala al-Maari : « Le seul imam, c’est le cerveau. »

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « Radicalisation à l’école, entretien avec Omar Youssef Souleimane » de Front Populaire

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