Dans le livre blanc de la défense publié sous le premier mandat de Donald Trump, l’Union européenne n’est tout simplement pas nommée. L’Allemagne, elle, est expédiée en une seule phrase. En revanche, deux pays européens bénéficient d’un traitement individualisé : la France, qui dispose d’une section entière, et la Grande-Bretagne, dont la partie est encore plus développée.

Selon l’invité, ce choix éditorial n’a rien d’anecdotique. Il révèle la hiérarchie des partenaires que Washington considère comme réellement utiles sur le Vieux Continent. La France y figure comme interlocutrice à part entière, loin devant Berlin, pourtant souvent présentée comme le moteur de l’Europe. Cette asymétrie de traitement traduit une lecture américaine : dans l’architecture de défense occidentale, Paris et Londres restent des acteurs souverains avec lesquels on peut négocier, tandis que l’Union européenne demeure une coquille institutionnelle sans consistance stratégique.

L’invité rappelle également l’existence d’un courant francophile au sein de la branche populiste du Parti républicain, nourri par le souvenir de l’opposition française à la guerre d’Irak. Un courant dont Trump n’est pas issu, mais avec lequel il a dû composer. Pour Paris, cette configuration ouvre des marges de manœuvre que la diplomatie française actuelle, arrimée à Bruxelles, ne cherche pas à exploiter.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Allemagne : 26 bases américaines, un traité et une souveraineté en trompe-l’oeil

Le livre blanc de Trump se lit différemment si l’on garde à l’esprit un fait rarement mis en avant : trente ans après la réunification, 26 bases militaires américaines restent implantées en Allemagne de l’Ouest. Le traité 2+4 de 1990 avait pourtant organisé le retrait des troupes soviétiques, françaises et britanniques du territoire allemand. Les forces américaines, elles, n’ont pas bougé. Les dirigeants allemands de l’époque ont accepté, sans résistance visible, que Washington maintienne sa présence.

Ce détail de géographie militaire éclaire bien des choses. Il explique d’abord pourquoi la carte des bases coïncide exactement avec la fracture politique actuelle : aucune installation américaine en Allemagne de l’Est, là où l’AFD et le BSW de Sahra Wagenknecht réalisent leurs meilleurs scores, là où l’opinion résiste le plus nettement à l’escalade contre la Russie. Il éclaire ensuite l’épisode, passé inaperçu en France, où c’est le vice-chancelier Robert Habeck, ministre vert de l’économie, et non le chancelier Scholz, qui a été prévenu par l’ambassade américaine des images satellites annonçant l’offensive russe de février 2022. Washington traitait avec le parti qu’il avait le mieux travaillé, non avec le chef du gouvernement.

Pour qui lit le livre blanc américain en cherchant à comprendre la place que Washington réserve à ses alliés continentaux, cette architecture militaire fossilisée en Allemagne constitue un précédent utile : la présence précède la politique, et la politique suit la présence.

Vidéo « Référendum sur l’adhésion à l’UE dans une île de 400 000 habitants » de Idriss J. Aberkane, Ph.D x3

Vidéo de OMERTA

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