Publié en 2019 au plus fort de la crise des Gilets jaunes, cet essai de Michel Onfray prend le parti d'un mouvement que la presse et les milieux intellectuels dominants s'étaient empressés de disqualifier. Contre le mépris de classe affiché par une partie des élites culturelles et politiques françaises, Onfray défend la légitimité de cette révolte populaire, née dans des territoires que la mondialisation économique et les politiques d'austérité avaient progressivement abandonnés.

Ce que le mouvement des Gilets jaunes révèle, au fond, c'est une fracture profonde entre un peuple attaché à ses conditions concrètes d'existence et des gouvernants qui ont fait de l'intégration aux marchés financiers et aux institutions supranationales une priorité absolue, au détriment de la souveraineté économique et démocratique de la France. La colère des ronds-points n'était pas seulement sociale : elle portait une exigence de souveraineté populaire, c'est-à-dire le droit pour les Français ordinaires de peser réellement sur les décisions qui gouvernent leur vie.

L'ouvrage s'inscrit dans une réflexion plus longue d'Onfray sur le fossé entre le peuple réel et ceux qui prétendent le représenter. En ce sens, il éclaire un enjeu démocratique fondamental : la reconquête par les citoyens d'un pouvoir effectif sur leur destin national, que ce soit en matière fiscale, industrielle ou institutionnelle.

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