Lors d’un entretien accordé à Sud Radio le 4 septembre 2026, l’économiste Charles Gave a attiré l’attention sur un dispositif juridique méconnu du grand public : la possibilité, ouverte par la loi Sapin, de prolonger la durée des obligations d’État sans le consentement des porteurs.
« On devait vous rembourser cette obligation que vous aviez achetée il y a 7 ans. Ben si ça vous fait rien, on lui colle 7 ans de plus », résume-t-il, décrivant un mécanisme qui revient à différer le remboursement de la dette due aux épargnants. Une perspective lourde de conséquences pour les détenteurs de titres français, alors même que la charge de la dette devrait, selon ses calculs, grimper vers 130 milliards d’euros par an si les taux restent à 4 %.
Charles Gave replace cette alerte dans un contexte plus large de dégradation des finances publiques : 3 500 milliards d’euros de dette, un déficit annuel de 130 milliards, et un écart de taux avec les Pays-Bas qui se creuse inexorablement. Le tout alors qu’un scénario de crise de financement, comparable à la faillite britannique de 1976, n’est selon lui plus à écarter.
Liban, or, comptes privés : les pistes concrètes évoquées par les analystes
Le cas libanais est souvent cité en référence par les spécialistes du risque souverain. Olivier Delamarche le rappelle : un vendredi tout allait bien, et le lundi suivant les banques étaient fermées, les virements bloqués, sans préavis. Un mécanisme brutal, mais techniquement simple : il suffit, dit-il, d’« appuyer sur un bouton ».
Face à ce scénario, les stratégies évoquées s’articulent autour de trois axes. D’abord, sortir ses liquidités des banques de l’Union européenne, en précisant que le Luxembourg, souvent présenté comme une alternative, n’en est pas une : il reste dans le périmètre communautaire et donc exposé aux mêmes décisions. Ensuite, privilégier les banques privées hors Union européenne, notamment suisses, dont le fonctionnement et le régime réglementaire diffèrent sensiblement. Cette option suppose toutefois des montants d’épargne conséquents, ce qui la réserve de fait à une minorité d’épargnants.
Pour les autres, l’or physique est présenté comme une troisième voie : il sort du circuit bancaire, libelle l’épargne hors euro et résiste, par nature, au blocage numérique des comptes. La limite est réelle : la détention d’or peut légalement être interdite, comme cela s’est déjà produit dans l’histoire. Mais Olivier Delamarche souligne que la contrainte d’exécution reste, elle, très différente d’un gel bancaire.
« Bloquer un compte, d’accord ? Vous appuyez sur un bouton. Quand vous achetez de l’or physique, vous sortez du système, vous sortez de la banque, vous sortez de l’euro. »
Olivier Delamarche (OMERTA)
Vidéo « Critique de Charles Gave sur la direction politique française » de Sud Radio
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