Le témoignage est aussi brut qu’inattendu. Invité du Cercle Aristote le 24 mai 2026, l’invité, fort de son expérience au sein des institutions européennes, a livré une confidence qui en dit long sur l’évolution du projet communautaire : il a personnellement été convoqué en section disciplinaire pour « déloyauté à l’Union européenne ». Un mécanisme qu’il voit aujourd’hui se généraliser à l’ensemble des citoyens, transformant la critique de Bruxelles en infraction passible de sanctions.

Qu’est-ce que le code communautaire de loyauté et pourquoi menace-t-il les dissidents ?

Le code communautaire impose à toute personne, y compris d’opposition, une obligation de loyauté à l’Union européenne. Ce mécanisme, jusqu’ici cantonné aux fonctionnaires et agents des institutions, pourrait selon l’invité être étendu à l’ensemble des citoyens. Il anticipe une phase de « brègnvisation » où la propagande s’accompagnera de sanctions pour « malpensance » et « déloyauté ». Les premières attaques individuelles fondées sur l’extraterritorialité visent déjà des personnalités comme Xavier Moreau, vivant en Russie, ou des binationaux. L’objectif est de museler toute opposition à l’échelle du continent.

« J’étais déféré devant lui pour deux affaires »

L’invité a vécu ce dispositif de l’intérieur. Alors qu’il travaillait pour les institutions européennes, il a été convoqué en section disciplinaire. Face à l’enquêteur, il a choisi la provocation assumée.

« Je lui ai dit : mais allez-y, jugez-moi, vous allez faire de moi un homme célèbre et peut-être même un homme riche, ce dont je vous remercie par anticipation. »

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

Convoqué pour deux affaires, dont une où il était « parfaitement innocent », l’enquêteur savait qu’il n’avait aucun moyen de pression réel. L’invité a pu jouer de cet avantage, mais il ne se fait guère d’illusions pour l’avenir. Il voit dans cette logique disciplinaire une tentation autoritaire qui, faute d’opposition structurée en France, risque de prospérer sans résistance.

Une Europe qui entre dans sa phase de « brègnvisation »

Le diagnostic est sévère. L’invité estime que l’Union européenne entre dans une période de propagande intensive et de répression assumée des voix dissidentes. Les campagnes d’affichage financées par l’argent public, qu’il juge « baroques » et « grossières », ne sont qu’un symptôme. La véritable inquiétude porte sur l’importation dans le droit commun d’un code de loyauté pensé pour les agents communautaires.

« Ils vont essayer de le généraliser à tous les citoyens. Et comme il n’y a pas d’opposition particulièrement en France, ça passera. Et à ce moment-là, nous, on sera peut-être bon pour le trou. »

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

Il évoque la publication récente en Allemagne d’un ouvrage sur le sujet, qui poserait de « très gros problèmes aux hommes de Merz », signe que la question déborde désormais les seuls cercles souverainistes français.

Ce qu’il faut retenir

La généralisation du code communautaire de loyauté à tous les citoyens n’est plus une hypothèse d’école. Elle constitue une mutation juridique et politique majeure, qui pourrait transformer la critique de l’intégration européenne en infraction. Pour les souverainistes, la question n’est plus de savoir si cette répression viendra, mais quand et avec quels moyens ils pourront y faire face.

Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron

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