Une majorité. C’est ce que constate Omar Youssef Souleimane, écrivain et journaliste, lors des ateliers d’écriture qu’il anime depuis 2020 dans des établissements d’Île-de-France. Quand il demande à ces adolescents ce qu’ils feraient en cas de crise grave en France, la réponse revient, massive : « Je vais dans mon pays. » Algérie, Maroc. Des pays dont ils ne parlent pas la langue, où ils ne sont souvent jamais allés, mais qu’ils brandissent comme un refuge identitaire.
Ce rejet de l’appartenance française frappe par son caractère systématique et décomplexé. Selon Souleimane, ces jeunes « veulent être algériens ou marocains pour ne pas être français », et la France « ne vaut rien pour eux ». Le constat est d’autant plus troublant que l’auteur, arrivé de Syrie en 2012, a connu le chemin inverse : apprendre la langue, étudier l’histoire, obtenir la nationalité et se dire prêt à défendre ce pays qui l’a accueilli.
L’écart entre ces trajectoires interroge. Pour Souleimane, la crise identitaire de ces jeunes nés en France puise dans un vide linguistique et historique, creusé selon lui dès les années Mitterrand, puis comblé par un discours islamiste qui fait de l’appartenance religieuse un substitut d’identité nationale. Le résultat : des adolescents qui se réclament d’un « pays » fantasmé, inexistant dans leur réalité vécue.
Vidéo « Radicalisation à l’école, entretien avec Omar Youssef Souleimane » de Front Populaire
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