La France possède le deuxième domaine maritime mondial, avec près de 11 millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive. Sous ces eaux dorment des nodules polymétalliques chargés de titane, de manganèse et d’autres métaux stratégiques. Pourtant, aucune exploitation n’est engagée, faute de décision politique. Pendant ce temps, les appétits étrangers s’aiguisent.

Où se trouvent les nodules polymétalliques français et pourquoi personne ne les exploite ?

La réponse tient en un paradoxe : les ressources sont identifiées, les technologies françaises existent, mais l’État n’a jamais tranché. Selon l’invité, ancien haut responsable du renseignement économique :

« Il faut que le gouvernement de manière très officielle pose le principe de la mise en exploitation économique du domaine maritime français. »

Vidéo d’OMERTA

Les nodules se concentrent principalement autour des îles Éparses, dans le canal du Mozambique, et dans les zones australes. Les îles Éparses, revendiquées par Madagascar et Maurice, confèrent à la France des droits d’exploitation sur des fonds réputés très riches. Plus au sud, les îles Kerguelen et les terres australes ouvrent l’accès à d’autres gisements. L’invité le rappelle : ces « petits cailloux » suffisent à générer des zones économiques exclusives immenses, et ils sont convoités.

Le blocage n’est ni technique ni économique. Il est d’abord idéologique. Les écologistes ont obtenu des interdits sur l’exploitation des grands fonds. Les décolonialistes contestent la légitimité de la présence française. Résultat : la France s’interdit d’exploiter ce qu’elle possède, alors que d’autres puissances n’ont pas ces scrupules.

Un trésor stratégique dans la compétition mondiale

Les métaux contenus dans les nodules intéressent au premier chef l’industrie électronique, les batteries et les alliages de haute performance. La Chine, qui achète déjà massivement le nickel calédonien, lorgne ces ressources. Donald Trump a, lui, montré son intérêt pour les zones maritimes stratégiques, du Panama au Groenland.

L’invité décrit une situation où la France joue les « chiens d’arrêt » : elle garde un domaine immense sans en tirer profit. Chaque année, un navire de la Marine nationale doit aller planter un drapeau à Clipperton pour rappeler la souveraineté française. Mais au-delà du symbole, aucune politique d’ensemble n’est menée.

« Si jamais on se trouve avec des flottes de pêche étrangères qui nous pillent nos ressources aliotiques dans toutes ces zones là, aujourd’hui nous ne pouvons pas les empêcher parce qu’on n’a pas les moyens. »

Vidéo d’OMERTA

Les pillages de légine autour des Kerguelen illustrent cette impuissance. Des flottes organisées surveillent les mouvements des navires de contrôle et s’évanouissent avant leur arrivée. Pour les nodules, le scénario serait identique : sans moyens de surveillance et de coercition, pas de souveraineté réelle.

Les moyens existent, la volonté manque

La France dispose pourtant d’atouts remarquables. Total, Technip et d’autres entreprises françaises savent opérer en offshore profond. L’Ifremer et la recherche française restent performants sur les fonds marins. Le savoir-faire juridique français a permis de négocier le traité de Montego Bay en 1982, puis d’impulser en janvier 2026 l’accord BBNJ qui encadre les zones au-delà des juridictions nationales.

L’invité insiste sur la nécessité d’un projet politique intégré. Exploitation économique, défense navale renforcée, communication nationale : tout doit être lié. Les Français ignorent largement l’existence de ce domaine maritime et de ses richesses. Or, présenter le potentiel, c’est rendre possible un effort budgétaire pour le protéger.

Le débat sur le second porte-avions illustre cette difficulté. Les marins demandent plus de frégates et de sous-marins, tout en développant la dronisation pour pallier le manque d’unités. Mais sans feu vert politique pour exploiter les ressources, impossible de justifier les investissements massifs nécessaires à la défense des zones concernées.

Ce qu’il faut retenir

La France possède un trésor minéral sous ses eaux, mais s’interdit d’y toucher. Les moyens techniques et juridiques existent, les appétits étrangers sont réels, seule la décision politique fait défaut. Réveiller ce potentiel exigerait de renouer avec une souveraineté assumée, loin des inhibitions idéologiques qui paralysent l’action publique.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « La France maritime dans les enjeux géopolitiques mondiaux » de OMERTA

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