Dans les années 1960, Gilles Sermadiras décide d’abandonner le parc à l’anglaise du XIXe siècle pour rendre à Eyrignac son jardin à la française. Il fait établir plusieurs plans par des paysagistes, n’en retient aucun, et entreprend lui-même la transformation.

Sa méthode tient en une phrase : chercher sur le terrain les traces de l’ancien jardin, murets, escaliers, ancien bassin, et repartir de là. Le résultat a reçu le label Jardin remarquable en 2005.

Pourquoi Eyrignac a changé trois fois de style

Eyrignac a porté trois jardins successifs. Un jardin à la française au XVIIIe siècle, un parc à l’anglaise au XIXe, puis les jardins recomposés du XXe, qui s’inspirent à la fois des jardins italiens de la Renaissance, des jardins à la française du Grand Siècle et des jardins médiévaux.

  • Un castel attesté sur les terres d’Eyrignac dès le haut Moyen Âge.
  • Une mise à sac par les troupes du Grand Condé pendant la Fronde des Princes, en représailles contre Antoine de Costes de La Calprenède, conseiller au présidial de Sarlat, resté fidèle au jeune Louis XIV.
  • Un manoir édifié en 1653 à l’emplacement de la bâtisse médiévale.
  • Un premier jardin à la française dessiné au XVIIIe siècle pour Louis-Antoine Gabriel de la Calprenède, contrôleur général des comptoirs et monnaies de France de Louis XV, inspiré des villas d’Italie.
  • Un remaniement complet en parc à l’anglaise au XIXe siècle, suivant la mode du temps.

La conviction de Sermadiras était simple : un jardin régulier serait plus en harmonie avec l’architecture du manoir qu’un parc paysager. Les jardins sont inscrits à la liste supplémentaire des monuments historiques des XVIIe et XVIIIe siècles depuis 1986.

Eyrignac en images

Que voir aux jardins d’Eyrignac

Le jardin s’organise sur deux perspectives qui se croisent. Tout le reste en découle, et c’est ce qui donne cette impression d’ordre absolu.

  • L’allée des Charmes, colonne vertébrale du jardin : 100 m de perspective est-ouest, structurée par vingt paires de charmes.
  • La perspective nord-sud, formée successivement par la cour du manoir puis le parterre à la française.
  • L’allée des Vases et ses ifs taillés plantés dans des vases florentins.
  • L’art topiaire, qui fait la réputation du lieu.
  • Le manoir de 1653, autour duquel tout s’ordonne.

Le jardin est à quelques kilomètres de Sarlat-la-Canéda et non loin de la grotte de Lascaux : il s’intègre naturellement à une journée en Périgord noir.

Le saviez-vous ? Le conservateur du Grand parc du château de Versailles a écrit d’Eyrignac, dans son Dictionnaire amoureux des jardins, que c’était le domaine le mieux entretenu qu’il lui fût permis de visiter, et un jardin extraordinaire qui prouve que, même aux ordres du jardinier, la nature peut être grandiose.

Quand visiter les jardins d’Eyrignac

Toute l’année. Les topiaires et les charmilles tiennent la forme en hiver comme en été, ce qui évite la déception des jardins de fleurs hors saison.

Comptez une heure et demie. La lumière rasante du matin ou du soir dessine mieux les volumes taillés.

Comment se rendre aux jardins d’Eyrignac

Les jardins sont à Salignac-Eyvigues, en Dordogne, dans le Périgord noir.

On y accède en voiture depuis Sarlat-la-Canéda, à une quinzaine de kilomètres.

À voir dans les environs

Les jardins de Marqueyssac sont à une quarantaine de kilomètres : les deux racontent le buis et l’art topiaire en Périgord, mais l’un est un balcon sur la vallée quand l’autre est une composition fermée.

La vallée de la Dordogne aligne Beynac-et-Cazenac, La Roque-Gageac et Domme, trois Plus Beaux Villages de France.

Ressources

Deux vidéos sur les jardins et leur entretien.

Questions fréquentes sur les jardins d’Eyrignac

Gilles Sermadiras, dans les années 1960. Il fit établir plusieurs plans par des paysagistes, n’en retint aucun, et entreprit lui-même la transformation en cherchant sur le terrain les traces de l’ancien jardin.

Trois. Un jardin à la française au XVIIIe siècle, un parc à l’anglaise au XIXe, puis les jardins recomposés du XXe siècle.

La colonne vertébrale du jardin : une perspective est-ouest de 100 m, structurée par vingt paires de charmes.

Ils ont reçu le label Jardin remarquable en 2005 et sont inscrits à la liste supplémentaire des monuments historiques des XVIIe et XVIIIe siècles depuis 1986.

En 1653, à l’emplacement d’une bâtisse médiévale mise à sac par les troupes du Grand Condé pendant la Fronde des Princes.

En représailles : son propriétaire, Antoine de Costes de La Calprenède, conseiller au présidial de Sarlat, avait choisi de rester fidèle au jeune Louis XIV.

À Salignac-Eyvigues, en Dordogne, en Périgord noir, non loin de Sarlat-la-Canéda et de la grotte de Lascaux.

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