Les assemblées élues travaillent contre les intérêts réels du pays. C’est le constat que dresse Jean-Luc Schaffhauser, ancien député européen, dans un entretien accordé au Cercle Aristote. Selon lui, le « peuple représenté », c’est-à-dire nos assemblées et notre classe politique, agit systématiquement contre le « peuple réel », celui des familles et de la patrie.

Comment expliquer ce divorce ? Pour l’ancien parlementaire, le mécanisme est double. D’abord, les représentants sont contrôlés par les médias qui fabriquent l’opinion : pour être élu, il faut obéir à une opinion elle-même façonnée par ceux qui détiennent l’argent. Ensuite, l’accès aux mandats suppose des moyens financiers considérables, particulièrement visibles aux États-Unis. Celui qui possède l’argent fabrique donc la société selon ses intérêts.

Schaffhauser en tire une conclusion sévère sur l’alternance politique : elle resterait purement interne au système, incapable de toucher la réalité des choses ou l’identité profonde du pays. Le jeu de la majorité ne changerait rien, car il demeure enfermé dans ce qu’il appelle une « fiction ».

Pour lui, ce constat n’est pas un accident mais une logique intrinsèque au système libéral. À un an d’une échéance présidentielle qu’il juge sans effet, l’ancien élu invite à repenser la démocratie sur des bases concrètes : nourrir la population, l’éduquer, la soigner. Un renversement radical, dont l’ampleur mérite d’être interrogée.


*D’après un entretien de Jean-Luc Schaffhauser sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*

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