Jean-Luc Schaffhauser, né le 17 décembre 1955 à Cambrai, a exercé un mandat de député européen entre 2014 et 2019 dans le groupe Rassemblement bleu Marine, membre de la Commission des affaires étrangères et de la Sous-commission sécurité et défense. Formé à la philosophie et à la théologie, il commence sa carrière comme professeur de philosophie auxiliaire IPES au milieu des années 1970, puis devient collaborateur des sénateurs Bernard Stasi et Marcel Rudloff dans le centrisme alsacien, réputé le plus droitier de l’échiquier centriste français, avant de fonder l’IRCOD, Institut Régional de Coopération-Développement, en Alsace en 1986.

Sa trajectoire professionnelle croise industrie et diplomatie sur des dossiers stratégiques : consultant pour Dassault Aviation de 2000 à 2008, puis pour Thales en Russie, il développe une expertise sur les relations franco-russes et sur la vente d’équipements militaires à l’exportation, notamment sur les zones asiatiques et l’Europe de l’Est. Son passage au Parlement européen coïncide avec le retour de la question de l’indépendance stratégique dans le débat public français, après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et le premier conflit du Donbass. Il fut l’un des rares parlementaires européens à se rendre physiquement sur place au début de la crise ukrainienne de 2014, qu’il a vécue « en live » et dont il a tiré un livre à la fois analyse et témoignage, L’Europe de Strasbourg contre l’Europe de Bruxelles, prolongé par une conférence au titre désabusé, « L’autre Europe n’aura pas lieu ».

Allié de la ligne souverainiste et catholique traditionnelle française, Schaffhauser défend une conception de la France comme puissance médiatrice entre les blocs, dans l’héritage direct de la doctrine gaullienne d’indépendance à l’égard des deux blocs de la guerre froide. Son ouvrage Le libéralisme contre l’économie, coécrit avec Bernard Ibal en 1993, articule une critique du libre-échange intégral depuis une perspective personnaliste chrétienne. Pour Le Souv, sa présence dans le CPT bio relève d’un souverainisme confessionnel et diplomatique, moins médiatisé que ses variantes républicaines mais cohérent avec la profondeur historique catholique de l’idée nationale française.

Sa trajectoire illustre les recompositions du souverainisme français : bifurcation depuis le centrisme alsacien vers une critique du libre-échange intégral, puis acculturation au Front National autour des enjeux stratégiques et diplomatiques. Cette évolution incarne le passage d’une pensée économique personnaliste à une engagement politique d’indépendance nationale et de refus de l’alignement atlantiste.

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