En 1965, face au projet d’Europe fédérale porté par Walter Hallstein, alors président de la Commission européenne, Charles de Gaulle prend une décision radicale : il ne dépêche plus aucun représentant français aux réunions du Conseil européen. Pendant plusieurs mois, la chaise française reste vide, paralysant de fait les institutions bruxelloises. L’objectif est simple mais frontal : imposer le droit de veto face à une dérive supranationale que le général jugeait inacceptable.
L’invité rappelle que cette stratégie répondait à une tentative de « torpiller » la souveraineté française en faisant glisser la Communauté économique européenne vers une logique fédérale, où les États membres auraient perdu leur pouvoir de blocage. En bloquant le fonctionnement des institutions, de Gaulle obtient gain de cause : le compromis de Luxembourg, signé en janvier 1966, consacre le droit de veto pour tout État membre estimant qu’un intérêt national « très important » est en jeu.
Ce mécanisme de résistance institutionnelle, toujours évoqué dans les débats sur les rapports de force au sein de l’Union européenne, illustre une vérité simple, soulignée par l’invité : quand la France décide d’assumer pleinement sa souveraineté, les institutions européennes peuvent être contraintes de reculer. Un précédent que beaucoup de responsables politiques français actuels semblent avoir oublié.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
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