L’Union européenne s’est imposée au fil des années comme l’une des puissances sanctionnatrices les plus actives de la planète. Derrière les communiqués feutrés de Bruxelles se cache une réalité méconnue des citoyens français : des centaines de mesures restrictives frappent désormais une part considérable des États du monde. Une politique tous azimuts qui mérite d’être documentée, questionnée, et surtout rapportée à ce qu’elle implique pour la politique étrangère de la France.
Combien de pays l’Union européenne sanctionne-t-elle réellement ?
Difficile d’obtenir un chiffre consolidé officiel, mais l’ampleur est frappante. Selon les éléments avancés par François Asselineau, ancien haut fonctionnaire et candidat à l’élection présidentielle, l’Union européenne cible plus de la moitié des pays du monde à travers sa politique de sanctions. La Russie concentre à elle seule plus de 1 000 mesures restrictives, dont 21 paquets de sanctions économiques et commerciales adoptés depuis 2022.
S’y ajoutent des régimes de sanctions visant :
- la Chine (Ouïghours, Tibet, Taïwan)
- l’Iran (nucléaire, droits humains)
- le Venezuela, la Colombie, le Paraguay
- le Zimbabwe, la Guinée équatoriale
- l’Azerbaïdjan
- la plupart des pays du Moyen-Orient
La PESC, une machine à sanctions qui échappe au contrôle français
Pour comprendre comment une telle politique a pu s’installer, il faut se tourner vers la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Ce pilier de la construction européenne, largement méconnu du grand public français, engage la France sur le plan diplomatique sans que les assemblées nationales n’aient voix au chapitre.
François Asselineau en fait un point central de sa critique :
« L’Union européenne passe absolument sa vie entière à donner des leçons de morale à la planète entière. »
François Asselineau (UPR)
Le constat qu’il dresse est celui d’une diplomatie européenne qui s’est substituée à la diplomatie française. Un Parlement européen qui multiplie les résolutions et condamnations, une Commission qui élargit sans cesse les listes de sanctions, et des États membres qui voient leur marge de manœuvre se réduire à peau de chagrin.
Cette politique extérieure européenne n’est pas qu’un irritant diplomatique. Elle entraîne des conséquences économiques directes pour la France, notamment dans le domaine agricole et commercial, lorsque des marchés entiers se ferment en représailles ou que des partenaires se détournent de l’Europe.
Une diplomatie de sanctions, pour quels résultats ?
La question de l’efficacité se pose frontalement. Après plus de 1 000 sanctions contre la Russie, l’économie russe ne s’est pas effondrée. La Chine, l’Iran, le Venezuela continuent d’exister et de commercer, contournant souvent les restrictions par des alliances alternatives.
François Asselineau pointe le paradoxe :
« Il y a plus de la moitié des pays du monde qui font l’objet de sanctions. L’Azerbaïdjan, c’est dingue. »
François Asselineau (UPR)
Ce que la transcription révèle, c’est une forme d’activisme diplomatique européen devenu systématique. Chaque crise, chaque différend donne lieu à des mesures restrictives, sans que leur impact réel ne soit jamais évalué publiquement de manière indépendante.
Pour les pays visés, les sanctions européennes deviennent un élément de leur environnement géopolitique. Pour l’Europe elle-même, elles constituent un coût d’opportunité permanent, en écartant des débouchés commerciaux et des coopérations que d’autres puissances, moins regardantes, sont promptes à saisir.
Récupérer une politique étrangère française
François Asselineau défend une position radicale sur ce terrain : la récupération d’une politique étrangère française indépendante. Selon lui, les sanctions tous azimuts sont la conséquence directe d’une diplomatie européanisée qui ne correspond plus à l’intérêt national français.
Il pose une question simple : la France a-t-elle intérêt à sanctionner la moitié de la planète ? Sa réponse est non. Il en tire une conclusion politique : seule une sortie de l’Union européenne permettrait de retrouver une diplomatie française souveraine, capable de nouer des relations bilatérales avec l’ensemble des nations sans passer par le filtre d’une diplomatie commune dont les critères échappent au débat démocratique.
Ce que la transcription met en lumière, c’est l’absence de débat public français sur cette question. La politique de sanctions européenne s’accumule sans que les citoyens français n’en mesurent l’ampleur, les motivations profondes, ni les conséquences économiques et diplomatiques.
Ce qu’il faut retenir
La politique de sanctions de l’Union européenne est devenue un fait structurant de la diplomatie européenne, touchant plus de la moitié des États du monde. La France, engagée dans la PESC, y participe sans que ce choix ait jamais été soumis au suffrage universel. Derrière la mécanique bruxelloise, une question demeure : la politique étrangère de la France doit-elle rester l’otage d’une diplomatie européenne dont les priorités ne sont pas celles des Français ?
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
Vidéo « François Asselineau répond à des questions, session 127 » de UPR
Pour aller plus loin
- La Fabrique des crétins, Jean-Paul Brighelli (Jean-Claude Gawsewitch)
- L’Europe est morte à Pristina, Jacques Hogard (Fayard)
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