En Côte d’Ivoire, les programmes scolaires restent directement issus du modèle français : histoire de France, rois de France, récit national français, au détriment de l’histoire du pays lui-même. C’est le constat dressé par Pierre-Yves Rougeyron lors de son grand entretien de rentrée, qui y voit un puissant facteur d’attraction migratoire. Selon lui, ce système éducatif inculque dès l’enfance l’idée que la France serait l’horizon naturel, voire le seul lieu où réussir.

Cette situation illustre, d’après l’invité, l’échec de l’aide au développement classique et la nécessité de renouer avec l’esprit de la coopération gaullienne : non pas juger ni paternaliser, mais aider les États africains à s’autonomiser, y compris sur le plan des représentations. « Vous avez voulu votre indépendance, vous l’avez eue, construisez-la », résume-t-il à l’attention des partenaires africains.

Pour Pierre-Yves Rougeyron, l’enjeu dépasse la seule question scolaire : tant que les élites locales seront formées à s’identifier à la France plutôt qu’à leur propre pays, les dynamiques de départ se poursuivront. L’immobilisation des populations passe aussi par la consolidation de référents culturels et historiques nationaux. Une piste concrète, éloignée des débats français sur le seul contrôle des frontières.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « Entretien sur la politique, la géopolitique et la société avec Pierre-Yves Rougeyron » de Cercle Aristote – Pierre Yves Rougeyron

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