Dans plus de 75 % des cas, les jeunes votent contre la construction européenne. C’est ce qui ressort d’une analyse de seize référendums liés à l’Union européenne présentée par François Asselineau, président de l’UPR et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027.

Cette observation contredit frontalement le récit médiatique dominant, qui présente la jeunesse comme naturellement acquise au projet européen. L’exemple islandais est éloquent : lors du référendum de reprise des négociations d’adhésion, près de 60 % des jeunes ont voté non, alors même que la Première ministre misait sur un réflexe de protection face aux velléités américaines sur le Groenland.

Selon l’invité, seuls trois cas font exception à cette tendance : le Brexit britannique, l’entrée de la Pologne et celle de l’Autriche dans l’Union. Partout ailleurs, les jeunes électeurs se sont montrés plus hostiles à l’intégration européenne que la moyenne de la population.

En France, le référendum de 2005 sur la Constitution européenne avait déjà illustré ce clivage générationnel : seules les tranches d’âge de plus de 60 ans avaient voté oui. Un électorat aujourd’hui vieillissant, qui reste structurellement acquis à l’Union, quand les nouvelles générations s’en détournent nettement.

2005 : quand 55 % des Français ont dit non, en vain

Le référendum français sur la Constitution européenne du 29 mai 2005 constitue un précédent que l’histoire récente tend à occulter. Ce "non" à 55 % ne résultait pas d’un vote homogène : il s’est construit sur ce que les spécialistes des élections appellent la "fongibilité des électorats", c’est-à-dire la capacité d’électorats habituellement antagonistes à converger sur un même choix. Selon François Asselineau, environ 30 % des suffrages du "non" provenaient de la droite et de l’extrême droite, tandis que le Parti communiste et une fraction du Parti socialiste emmenée par Laurent Fabius avaient rompu avec la ligne officielle de leur camp pour rejoindre le camp du refus.

Ce vote, pourtant clair, n’a pas été respecté. Le traité de Lisbonne, adopté en 2007 et ratifié par voie parlementaire sans consultation populaire, a repris l’essentiel du texte rejeté, contournant ainsi l’expression directe des citoyens français.

Pour Asselineau, cet épisode démontre qu’une majorité pour sortir de la construction européenne ne peut se former ni par "l’union des droites" ni par "l’union des gauches" prises séparément, puisque ni le Rassemblement national ni La France insoumise ne proposent de sortie complète des traités. Le référendum de 2005 serait ainsi la preuve par l’histoire qu’un rassemblement transpartisan, au-dessus du clivage droite-gauche, est non seulement possible mais constitue la seule voie arithmétiquement crédible pour obtenir une majorité souverainiste.

Vidéo « Union européenne et questionnements démocratiques » de OMERTA

Vidéo « Direct n127 – François Asselineau répond à vos questions » de UPR

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