L’invité n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’article publié par Jordan Bardella dans un journal allemand apparenté au China Daily relève d’une posture « à quatre pattes devant l’Allemagne », symptôme ultime d’un renoncement stratégique. Une critique acerbe qui vise la mécanique même de la normalisation du Rassemblement national.
Le diagnostic est sans appel : à force de vouloir rassurer, le parti finit par abandonner toute radicalité, ce qui, en sociologie électorale, attire peut-être l’électorat féminin mais éloigne de la résolution des problèmes. L’invité pointe une « dédiabolisation en bourgeoisement » qui exclut la professionnalisation, transformant le mouvement en simple force d’alternance sans projet transformateur. « La seule chose qui change entre l’élection du bloc central et l’élection du Front dans l’état actuel, c’est que le Front aura donné tellement de gages sur le dos de la France qu’il ira peut-être plus loin encore dans la collaboration que Gabriel Attal. »
Cette aliénation préventive, véritable capitulation europhile, réduit à néant la promesse d’une rupture souverainiste authentique. L’invité s’étonne même des « problèmes de logique élémentaire » que révèle cette ligne, estimant que « le petit personnel de général électrique valait mieux que ça. » Le RN serait-il devenu, à force de compromis, indiscernable de ses adversaires centristes ?
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
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