54 %. C’est le chiffre qui fissure le récit européiste. Selon un sondage évoqué début septembre 2026, une majorité de Français se prononcerait aujourd’hui pour une sortie de l’Union européenne, et ce avant même toute campagne référendaire. Pour l’invité, cette donnée constitue une « rupture historique » : jamais une telle majorité n’avait été enregistrée sur une question aussi directe.
Le précédent de 2005 donne la mesure du potentiel de bascule. À l’époque, rappelle l’invité, les premiers sondages donnaient le « oui » à 66 % en février. Trois mois plus tard, le « non » l’emportait à 54,6 %. Or la question posée alors, l’adoption d’un traité, était bien moins engageante que celle d’une sortie pure et simple de l’Union. Si 54 % des Français répondent déjà favorablement à cette hypothèse sans qu’aucune campagne d’information contradictoire n’ait eu lieu, la dynamique mérite d’être prise au sérieux.
L’invité y voit la preuve que le peuple français n’a rien perdu de sa culture politique. Ce que redoutent selon lui les élites autoproclamées, c’est précisément ce débat de fond : une campagne référendaire sur un sujet aussi structurant forcerait à discuter agriculture, immigration, monnaie, souveraineté industrielle et diplomatique, loin des polémiques politiciennes. Les Islandais viennent de le démontrer avec un taux de participation de 82 %. Les Français, eux, n’attendent qu’une chose : qu’on leur pose enfin la question.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
Opinions.eu : une dégradation documentée indicateur par indicateur
Le site Opinions.eu, opéré par la fondation Bertelsmann, publie des relevés trimestriels sur l’attitude des Européens envers l’Union. Sa particularité : ses commanditaires sont explicitement favorables à la construction européenne, ce qui rend ses résultats d’autant plus difficilement contestables. Philippe Murer, fondateur du mouvement politique citoyen MPC, y voit une « photographie honnête de l’opinion française ».
Les données agrégées sur la France dessinent une courbe cohérente. Depuis 2022 et le début du second mandat d’Emmanuel Macron, tous les indicateurs reculent en même temps : soutien à l’élargissement de l’Union, adhésion à une politique de défense commune, approbation d’une éventuelle entrée de l’Ukraine. Aucun de ces marqueurs ne progresse.
À titre de comparaison, un sondage Doxa de mars 2024 et le relevé Bertelsmann d’avril de la même année donnaient des résultats quasi identiques, entre 35 et 36 %, en faveur d’une sortie de l’UE. Le bond à 54 % enregistré aujourd’hui sur la question d’un référendum hypothétique représente donc un glissement d’environ vingt points en moins de deux ans, et non un artefact de méthode.
« Tout se dégrade continûment depuis 2022. Le début du second mandat du président le plus européiste qu’on a jamais eu en France coïncide avec une défiance, un rejet, un dégoût même de l’Union européenne, marqué sur tous les marqueurs. »
Philippe Murer (Ligne Droite • La matinale de Radio Courtoisie)
Ce décalage entre l’évolution de l’opinion et la quasi-absence du sujet dans les grands médias est lui-même documentable : les données d’Opinions.eu circulent depuis plusieurs trimestres sans avoir suscité de traitement éditorial notable dans la presse nationale.
Frexite : un débat que même ses partisans n’osent pas nommer
Ce que révèle le sondage va plus loin qu’une simple évolution de l’opinion : il expose un décalage durable entre ce que pensent les Français et ce que le débat public leur permet d’exprimer. Dans les échanges récents entre commentateurs souverainistes, le constat est formulé sans détour :
« Ça fait des dizaines d’années que c’est un tabou et c’est encore un tabou aujourd’hui de dire frexite, il faut y aller avec des pincettes. »
Alexis Poulin (OMERTA)
Le mécanisme de verrouillage est précis. Dès qu’un intervenant évoque une sortie de l’Union européenne, deux objections surgissent en séquence : l’annulation de la dette serait impossible sans violer les traités, et quitter l’UE provoquerait un effondrement incontrôlable. Ces deux arguments, présentés comme des garde-fous techniques, fonctionnent en réalité comme des dissuasions rhétoriques qui clôturent le débat avant qu’il s’ouvre.
Ce verrouillage ne vient pas seulement des élites médiatiques ou institutionnelles. Il opère aussi dans les rangs souverainistes eux-mêmes, où la crainte d’être marginalisé pousse à l’autocensure. Résultat : le mot « frexite » reste absent de la plupart des plateformes de candidats qui se réclament pourtant de la souveraineté nationale, tandis que le sondage de 2026 indique qu’une majorité de Français aurait aujourd’hui voté pour la sortie. L’écart entre opinion populaire et expression politique autorisée n’en est que plus saisissant.
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