La Chine ne domine pas seulement l’extraction des terres rares sur son territoire : elle contrôle désormais 80 à 90 % de la production mondiale, y compris dans des pays tiers comme l’Indonésie et plusieurs États africains. C’est le constat dressé par Alexandre Del Valle, qui souligne l’ampleur d’un prépositionnement stratégique mené par Pékin depuis des années.
Cette emprise ne se limite pas aux terres rares. Le nickel, l’aluminium et d’autres métaux précieux indispensables aux industries de pointe (semi-conducteurs, batteries, ordinateurs quantiques) sont également concernés. Pour Del Valle, cette dépendance illustre la vulnérabilité structurelle de l’Occident, qui a délocalisé sa production et négligé sa souveraineté industrielle sans anticiper les conséquences géopolitiques.
La Chine, déjà leader dans l’intelligence artificielle et la robotisation, utilise cette maîtrise des ressources comme un levier dans le bras de fer qui l’oppose aux États-Unis. L’enjeu est d’autant plus critique que Pékin progresse à grande vitesse vers l’autonomie complète en semi-conducteurs, ce qui pourrait redéfinir les rapports de force mondiaux dans les années à venir. Pour l’auteur, cette situation impose aux nations européennes de reprendre le contrôle de leur destin industriel plutôt que de rester les instruments d’une mondialisation qui les dessert.
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Entretien avec Alexandre Del Valle
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