La Chine contrôle désormais entre 80 et 95 % du nickel, de l’aluminium et de l’ensemble des terres rares, un quasi-monopole aux conséquences stratégiques considérables. C’est ce qu’explique Alexandre Del Valle dans un entretien accordé au Cercle Aristote le 20 novembre 2025, à l’occasion de la sortie de son ouvrage Le nouvel ordre post-occidental.

Cette domination ne relève pas du hasard mais résulte directement de décisions occidentales. D’un côté, l’Europe s’est interdit la production de terres rares sur son sol au nom de préoccupations écologiques. De l’autre, les délocalisations massives opérées depuis l’ère Reagan-Thatcher ont permis à la Chine de maîtriser non seulement l’extraction, mais aussi le raffinage, l’exportation et les routes commerciales, de son territoire jusqu’à l’Indonésie en passant par l’Afrique. « Quelle folie et quelle arrogance d’avoir cru que les inventeurs de la poudre et du zéro allaient rester éternellement des assembleurs », souligne le chercheur.

Résultat : la Chine peut aujourd’hui couper les vivres à l’Occident en médicaments, en batteries ou en terres rares. Une dépendance structurelle qui illustre, selon Del Valle, l’impasse d’une doctrine globaliste où « l’Occident s’est vu comme le monde », incapable de raisonner en termes d’intérêt national et de souveraineté industrielle.


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*D’après un entretien de Alexandre Del Valle sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*

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