Les frappes de drones ukrainiens visant des cibles civiles en Russie ne modifient en rien l’équilibre militaire du conflit. Pourtant, Kiev les multiplie. L’invité, lors du Grand Entretien diffusé le 24 mai 2026 sur la chaîne Cercle Aristote, livre une analyse glaçante de cette stratégie : ces tirs ne sont pas une opération de guerre rationnelle, mais un outil politique à plusieurs détentes, entre captation de financements et piège tendu à Moscou.
Pourquoi l’Ukraine frappe-t-elle des civils russes avec des drones ?
Les frappes ukrainiennes sur le territoire russe répondent à trois logiques :
- Obtenir davantage de financements occidentaux en maintenant un narratif de guerre totale, seul moyen pour Volodymyr Zelensky de continuer à remplir les caisses d’un État corrompu
- Préparer la fuite personnelle de Zelensky en accumulant un trésor de guerre, alors que sa survie politique (et physique) devient incertaine
- Provoquer une escalade russe en nourrissant le camp moscovite qui réclame des frappes massives sur Kiev, piégeant ainsi Vladimir Poutine dans une guerre plus dure
Des tirs de dépit sans valeur militaire
L’invité ne mâche pas ses mots : ces attaques sont, en stratégie, « des tirs de dépit ». Elles ne changent rien au rapport de force sur le front, où la Russie piétine certes, mais où l’armée ukrainienne est exsangue. Viser des civils ne répond à aucun objectif tactique concret. C’est, selon l’invité, « de la cruauté pour de la cruauté », une dérive qui acte la transformation du pouvoir kiévien en un régime acculé, prêt à sacrifier sa propre population pour exister encore un peu.
Cette évolution n’est pas une surprise pour les observateurs avertis. L’invité rappelle qu’il avait annoncé que le pouvoir ukrainien « passerait à la fin du conflit dans une optique terroriste. Maintenant, c’est fait. » Le constat est amer : un État qui utilise ses drones contre des civils est un État qui n’a plus de stratégie militaire crédible, seulement une stratégie de survie.
Zelensky, un homme qui prépare sa sortie
La guerre est aussi une affaire d’argent, et l’invité est direct : « Monsieur Zelanski a besoin d’argent parce qu’il faudra qu’il sorte vivant de tout ceci. » L’Ukraine est gangrenée par une corruption devenue officielle, et son président le sait. S’il devait organiser des élections (seule porte de sortie honorable pour négocier avec Moscou), il perdrait le pouvoir. Son successeur, doté d’une légitimité neuve, pourrait conclure la paix, rendant Zelensky inutile, voire encombrant.
Dès lors, chaque frappe, chaque image de civils russes touchés, est un argument pour prolonger la guerre et siphonner les caisses européennes. L’invité évoque « le tour des popotes européennes », cette quête d’argent frais auprès d’alliés qui ont déjà tout donné. Ces frappes entretiennent la fiction d’une Ukraine encore capable de frapper, alors même que le pays se décompose.
Le piège tendu à Poutine
L’autre utilité de ces attaques, plus perverse encore, est de faire monter en Russie le camp qui réclame l’escalade. L’invité cite un nom : Karaganov, figure influente de l’appareil d’État russe, chef de file de ceux qui jugent que Vladimir Poutine a été « trop mou et trop conciliant ». Leur argument est simple : les Iraniens ont frappé fort et ont obtenu des résultats ; la Russie, bien plus puissante, se retient par peur de « paraître méchante aux yeux de gens qui nous détestent ».
En frappant des civils, Kiev offre à ce camp un carburant politique. Poutine va devoir répondre. Mais répondre comment ? S’il frappe Kiev massivement, il entre dans le piège d’une guerre totale que certains Ukrainiens appellent de leurs vœux, « contre leur propre population », précise l’invité, « l’indiffère profondément ». S’il ne répond pas assez, il donne raison à ses critiques internes.
« C’est un pot de pus et ça ne fait que commencer », résume l’invité.
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
Ce qu’il faut retenir
Les frappes de drones sur des civils russes ne sont pas un acte militaire, mais un acte politique désespéré. Elles servent Zelensky dans sa quête d’argent pour survivre, et elles alimentent en Russie une dynamique d’escalade dont les conséquences pourraient échapper à tous. L’invité le dit sans détour : la situation est en train de pourrir, et les premières victimes de cette stratégie sont les civils, russes comme ukrainiens.
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
Pour aller plus loin
- Guerre et géopolitique (Perspectives Libres)
- Le grand abécédaire du Brexit, Jean-Michel Salmon (Perspectives Libres)
- Prêcheurs de haine, Pierre-André Taguieff (Éditions Mille et Une Nuits)
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