« Si vous arrivez à créer la société, vous pouvez aussi choisir si vous êtes homme ou si vous êtes femme. » En une phrase, Jean-Luc Schaffhauser établit un lien que peu osent formuler : le wokisme ne serait pas une dérive du libéralisme, mais son prolongement logique. C’est ce qu’il affirme dans un entretien accordé au Cercle Aristote, diffusé le 3 juillet 2026.
L’ancien parlementaire européen part du principe fondateur du libéralisme selon lui : le contrat social, l’idée que ce sont des individus qui créent la société par un acte volontaire. Or, souligne-t-il, si la société elle-même n’est pas donnée mais fabriquée, alors rien de ce qu’elle contient ne l’est non plus. La vérité devient relative, dépendante des majorités. Et le corps, le sexe, l’identité deviennent à leur tour des matières que l’individu peut décider et redéfinir.
« Quand des libéraux viennent me remettre en question le wokisme, je rigole », lance-t-il, jugeant contradictoire de défendre la construction volontaire de la société tout en s’offusquant de la construction volontaire du genre. Pour Schaffhauser, l’une découle de l’autre.
À l’inverse, il oppose une conception enracinée de la société, fondée sur la famille, la patrie et une réalité reçue et non fabriquée. Une analyse qui invite à réexaminer les fondements philosophiques du débat actuel sur l’identité.
*D’après un entretien de Jean-Luc Schaffhauser sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*
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