Un chiffre interpelle : la moyenne d’âge d’entrée dans la magistrature française est de 24 ans, et 75 % des nouveaux magistrats n’ont pas suivi de formation juridique. C’est le constat dressé par Bertrand Saint-Germain, qui a publié une étude sur la syndicalisation des juges pour l’Observatoire des décisions de justice.

Ce fait questionne la maturité professionnelle de ceux qui rendent la justice au nom du peuple français. Saint-Germain établit un parallèle avec le Royaume-Uni, où l’on devient juge à 40 ans, fort de quinze années d’expérience. Selon lui, cette jeunesse structurelle favoriserait une logique de syndicalisation politique au sein de la magistrature, les syndicats déterminant notamment la composition du Conseil supérieur de la magistrature et de la commission d’avancement.

L’analyste évoque également l’exemple roumain, où les juges publient des déclarations d’intérêt consultables par tout justiciable : appartenance associative, politique, maçonnique, intérêts économiques. Si la transparence n’est pas une garantie absolue, elle offrirait au moins une prise pour demander la récusation d’un juge.

Pour Saint-Germain, ces pistes permettraient de mettre fin à ce qu’il nomme la « République des juges », où une oligarchie syndiquée se protège et impose ses valeurs à la société entière.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « Réforme du syndicat de la magistrature, entretien avec Bertrand Saint-Germain » de Cercle Aristote

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