Publiés à partir de 1954 par les éditions Plon, les Mémoires de guerre retracent l'engagement de Charles de Gaulle depuis l'appel du 18 juin 1940 jusqu'à la libération du territoire national. L'ouvrage n'est pas un simple récit de faits militaires : de Gaulle y expose sa conception de la France comme puissance souveraine, dont la survie politique ne saurait dépendre de la bienveillance d'alliés étrangers, fussent-ils des démocraties amies.
Ce qui frappe à la lecture, c'est la constance avec laquelle de Gaulle défend l'indépendance de décision française face à Churchill et Roosevelt, qui entendaient traiter la France libérée comme un territoire administré par les Alliés plutôt que comme une nation recouvrant ses droits. La question de la libération de Paris illustre bien cette tension : de Gaulle impose que des troupes françaises entrent les premières dans la capitale, refusant que la France soit reçue en cadeau par d'autres. Derrière ces épisodes, c'est toute une doctrine qui se dessine : l'autorité d'un État sur son propre sol, sur ses forces armées, sur ses choix diplomatiques, ne se délègue pas.
Pour un lecteur attentif aux questions de souveraineté nationale, les Mémoires de guerre offrent un témoignage de première main sur ce que signifie concrètement défendre l'indépendance d'un pays dans un contexte de dépendance militaire et politique totale. De Gaulle y montre que cette indépendance n'est pas un héritage reçu passivement mais une position qui s'arrache, dans chaque négociation, face à chaque partenaire.
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