Jean-Pierre Chevènement est, depuis les années 1970, la principale figure du souverainisme républicain de gauche en France. Énarque, fondateur du CERES au sein du Parti socialiste en 1966, il représente pendant deux décennies l’aile la plus à gauche du PS, attachée à un socialisme national, républicain et laïque.
Plusieurs fois ministre sous François Mitterrand, il marque sa carrière par deux démissions devenues symboliques. Ministre de la Défense, il démissionne en janvier 1991 par opposition à la guerre du Golfe, dont il refuse la logique d’alignement sur les États-Unis. Ministre de l’Intérieur en 2000, il démissionne pour s’opposer aux accords de Matignon sur la Corse, qu’il juge attentatoires à l’unité républicaine.
Sa rupture la plus structurante intervient en 1992 : il prend la tête, à gauche, du non au traité de Maastricht. Il fonde la même année le Mouvement des citoyens, puis le Mouvement républicain et citoyen en 2002. Candidat à la présidentielle en 2002, il porte une ligne de souveraineté républicaine articulée à la justice sociale.
Sa pensée articule trois fils : la nation républicaine comme seul cadre éprouvé de la démocratie sociale, le refus d’une construction européenne devenue, selon lui, un cheval de Troie de l’ordolibéralisme et de l’atlantisme, et une géopolitique mondiale multipolaire.
Sénateur du Territoire de Belfort de 2008 à 2014, auteur de nombreux essais et fondateur de la Fondation Res Publica, il continue d’incarner une mémoire vivante du gaullisme social et d’une gauche républicaine refusant la dilution dans le mondialisme libéral.
Cette biographie vous a-t-elle été utile ?
Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)
Merci, c’est noté.
