Philippe Séguin incarne, dans les années 1990, le souverainisme gaulliste face à la construction européenne. Né à Tunis d’un père tué pour la France en 1944, énarque, il est élu député des Vosges en 1978 et maire d’Épinal en 1983.
Ministre des Affaires sociales et de l’Emploi de 1986 à 1988, il défend l’État social et la fonction protectrice de la République. Mais c’est en 1992 qu’il s’impose comme la principale voix souverainiste française, en menant la campagne du non au traité de Maastricht.
Son discours du 5 mai 1992 à l’Assemblée nationale, prononcé face à François Mitterrand, reste l’un des textes politiques majeurs de la Ve République. Il y dénonce un traité conçu hors de la souveraineté du peuple, fondant un fédéralisme rampant, soustrayant la monnaie au contrôle démocratique et préparant un transfert d’attributs essentiels de la nation vers une bureaucratie supranationale.
Président de l’Assemblée nationale de 1993 à 1997, président du RPR de 1997 à 1999, il quitte les responsabilités partisanes après son échec à la mairie de Paris en 2001. Il sera premier président de la Cour des comptes de 2004 à sa mort en janvier 2010.
Séguin laisse l’image d’un républicain intransigeant, attaché à la souveraineté du peuple comme source unique de la légitimité politique, héritier du gaullisme social et adversaire constant de la dérive technocratique de l’Union européenne.
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