Edward Frederick Lindley Wood, premier comte d'Halifax, est né le 16 avril 1881 et mort le 23 décembre 1959. Formé à Eton puis à Oxford, où il étudie l'histoire à Christ Church, il incarne une certaine idée de l'aristocratie britannique au service de l'Empire : Vice-roi des Indes, Lord du Sceau privé, puis Secrétaire d'État aux Affaires étrangères entre 1938 et 1940, avant d'être nommé ambassadeur à Washington de 1941 à 1946.
C'est précisément à ce titre de chef de la diplomatie britannique qu'Halifax intéresse l'histoire de la souveraineté française. Partisan déclaré d'une politique d'apaisement envers l'Allemagne nazie, il fut l'un des artisans des concessions de Munich en 1938, une orientation qui engagea directement le destin de la France en réduisant sa marge de manoeuvre stratégique face à Berlin. Sa rencontre avec Hitler en novembre 1937, lors de laquelle il laissa entrevoir la possibilité d'un réajustement territorial en Europe centrale, illustre une diplomatie britannique centrée sur les seuls intérêts de Londres, indifférente aux conséquences pour ses alliés continentaux.
En mai 1940, Halifax fut l'un des partisans d'une négociation de paix avec l'Allemagne, s'opposant ainsi à Churchill au moment précis où la France s'effondrait militairement. Cette position, si elle avait prévalu, aurait pu conduire à un armistice général qui aurait définitivement liquidé toute capacité de résistance française indépendante. Son ambassade à Washington, ensuite, fut le lieu d'une redéfinition du rapport de forces atlantique dans laquelle la France libre ne pesait guère.
Halifax a laissé des mémoires, Fulness of Days, publiés en 1957, qui restent un témoignage de premier ordre sur la façon dont la diplomatie britannique pensa, durant cette période cruciale, ses propres intérêts sans jamais subordonner ses calculs aux nécessités françaises.
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