Né en 1955 et diplômé de Supélec, Thierry Breton appartient à cette génération de technocrates français formés dans les grandes écoles d'ingénieurs, qui ont traversé l'industrie nationale avant d'accéder aux plus hautes fonctions de l'État. Sa trajectoire le conduit successivement à la tête de Thomson Multimédia, de France Télécom puis d'Atos, trois entreprises dont au moins deux ont occupé, à des degrés divers, une place dans le paysage industriel et technologique français. En 2004, il est nommé ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie sous Jacques Chirac, poste à partir duquel il gère notamment la question de la dette publique et des restructurations industrielles.
Son rapport à la souveraineté économique est ambigu. D'un côté, son passage dans les industries nationales stratégiques et son expérience de la direction d'entreprises d'État pourraient suggérer une sensibilité aux enjeux d'indépendance technologique et industrielle. De l'autre, sa nomination comme commissaire européen au Marché intérieur à partir de 2019 l'inscrit résolument dans le cadre de la construction bruxelloise, dont la logique repose sur la délégation de compétences économiques au niveau supranational et l'intégration des marchés au détriment des politiques nationales différenciées.
C'est dans cette seconde fonction qu'il développe une vision centrée sur la régulation numérique et la compétitivité du marché unique, un cadre qui, du point de vue souverainiste, ne répond pas à la question de la puissance française mais à celle de l'espace économique européen. Il démissionne de ce poste en septembre 2024 dans un contexte de tensions politiques avec la présidence de la Commission.
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