Le budget militaire allemand représente désormais le double du budget français, a alerté Juan Branco lors de son entretien accordé à Front Populaire le 24 juin 2026. Un écart qui s’accompagne d’un déséquilibre matériel tout aussi significatif : la Pologne disposerait bientôt de 2 000 chars, quand la France en alignerait à peine 200.
Pour l’avocat et candidat à l’élection présidentielle, cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de remilitarisation du continent européen, qu’il juge « particulièrement inquiétant ». Il évoque notamment l’émergence d’un « État garnison » en Ukraine, dont les forces politiques dominantes, marquées selon lui par la présence d’une « vraie extrême droite », pourraient demain se retourner contre certains de leurs soutiens.
Juan Branco voit dans cette dynamique un facteur supplémentaire plaidant pour une sortie de la France de l’OTAN et de l’Union européenne, qu’il soumettrait à référendum dans les six mois suivant une éventuelle accession au pouvoir. « Tout cela est de très mauvais augure et ne pourra pas être contenu par l’Union européenne telle qu’elle existe, puisqu’au contraire elle nous y porte », a-t-il déclaré. Une position qui place la question militaire au cœur du débat souverainiste, à l’heure où les équilibres stratégiques du Vieux Continent se redessinent rapidement.
Ce que les exercices communs révèlent du niveau réel de la Bundeswehr
La question du budget est une chose ; celle des capacités opérationnelles en est une autre. Un témoignage direct, issu de la période où des entraînements communs étaient organisés entre la Bundeswehr et l’armée française dans la région de Strasbourg, illustre l’écart concret entre les deux forces. Les soldats réguliers allemands y affichaient un niveau jugé si insuffisant que ce sont les réservistes français qui furent finalement placés face à eux, pour limiter les frictions dues à l’écart de niveau.
La Bundeswehr souffre d’un autre handicap structurel : c’est une armée syndiquée. Des pauses réglementaires et des droits statutaires encadrent strictement les entraînements, ce qui a profondément marqué, et ulcéré, les soldats français présents. L’agacement était palpable et confessé sans détour.
À cela s’ajoute une dimension que les débats budgétaires occultent facilement. Une partie des effectifs est composée de conscrits ou de soldats dont la loyauté à l’égard de l’Allemagne, dans un scénario d’engagement à l’Est, reste incertaine. Certains ont déclaré ouvertement qu’ils ne comptaient pas risquer leur vie pour des intérêts qu’ils ne considèrent pas comme les leurs.
Ces éléments posent une question concrète : à quoi sert un budget militaire en hausse si l’outil humain et doctrinal ne suit pas ? Pour la France, qui devrait théoriquement pouvoir compter sur l’allié allemand dans tout cadre de défense collective, la réponse mérite d’être posée sans détour, indépendamment des annonces de réarmement de Berlin.
Vidéo « Juan Branco sur Emmanuel Macron » de Front Populaire
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